Ce lundi 3 février, la Fédération des buralistes de Tarn-et-Garonne organise une manifestation devant la préfecture à Montauban pour s’insurger contre la hausse du trafic de tabac.
En 2023, 40 % du tabac consommé en France provenait du marché parallèle. Alors que par le passé, seuls les territoires frontaliers étaient vraiment concernés par le fléau de la contrebande, la problématique est désormais nationale, insiste la présidente de la fédération départementale, Sophie Andrieu, dans une interview à La Dépêche du Midi.
• Quels sont les chiffres propres au Tarn-et-Garonne ?
•• Sophie Andrieu : nous sommes 105 buralistes, ce qui est stable depuis 6 ans, mais cette année, on a 4 collègues qui sont en très grandes difficultés. Cela s’explique notamment par la baisse du chiffre d’affaires : –11,3 % de volume et –2,6 % de valeur entre janvier et juillet 2024. Ce qui est cohérent avec la tendance nationale. Nos ventes baissent car les prix augmentent mais les fumeurs consomment et s’organisent autrement.
• Mais se rendre dans les Pyrénées pour acheter des cigarettes, ça coûte cher…
•• Sophie Andrieu : oui mais il se monte des bus pour voyager en groupe, on y va avec une voiture pour 5 et on partage les frais ou les gens s’arrangent entre eux pour ramener des cartouches, les vendre et amortir ainsi les frais. Il n’y a qu’à voir sur les terrasses, beaucoup de nos clients ont des paquets étrangers. Ces mêmes paquets que l’on retrouve souvent dans des commerces de nuit, notamment.
• Et surtout en Tarn-et-Garonne, on ne peut pas reprocher aux services des Douanes d’être inactifs…
•• Sophie Andrieu : bien sûr que non, mais ils en arrêtent un et il y en a dix qui passent. Ils démantèlent une usine, elle se reconstruit 50 kilomètres plus loin. Il faut qu’ils aient plus de moyens et qu’en parallèle, il y ait une harmonisation avec les autres pays européens. Je ne parle pas d’un alignement strict mais au moins, que la marge soit moindre pour dissuader d’aller en Espagne notamment.
• Est-ce qu’avec la montée en puissance de la vapote, vous parvenez à compenser ?
•• Sophie Andrieu : non. On ne peut pas faire la balance puisque nous n’avons pas le monopole de la nicotine et de la cigarette électronique. Du coup, nos clients sont détournés vers d’autres enseignes qui, elles, ont le droit de s’installer dans des galeries commerciales par exemple. Donc tant qu’on n’aura pas ce monopole que l’on demande à l’échelle nationale, on ne pourra pas récupérer ces clients.




