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21 Mar 2024 | Profession
 

Marie-Laurence Gouraud, Patricia Brochard et Bénédicte Mercier napprécient guère de se retrouver sous les lumières des projecteurs. Ces trois sœurs préfèrent, dans lombre, « travailler sur le terrain, dans nos usines, là où on se sent bien », glissent-elles dans un reportage du Figaro.

Elles œuvrent pourtant à la tête de Sodebo, le leader français des salades composées, des sandwichs, pizzas fraîches ou Pasta Box distribués notamment … chez les buralistes (voir 28 juillet 2022, 11 mars 2021).

Le groupe à l’actionnariat demeuré 100 % familial devrait se rapprocher des 600 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024 (575 millions en 2023).

•• « Nous sommes dans une amélioration permanente sans être dans une logique daugmentation effrénée du chiffre daffaires », ajoute Patricia Brochard, 60 ans, la cadette. Ainsi, même dans le contexte heurté de l’inflation, Sodebo prévoit 50 millions d’euros d’investissement cette année.

Une seconde ligne de fabrication de fourchettes comestibles, la dernière grande innovation en date, est planifiée. Tout comme une amélioration de ses ingrédients : saumon, jambon, effilage du poulet. Des projets qui justifient l’embauche prévue de 300 nouveaux salariés. Son unique site vendéen, surnommé « Sodeboland », s’étend désormais sur 124 hectares et 25 bâtiments. Près de 2 850 salariés exerçant 130 métiers différents y travaillent

Celui où sont produites les salades composées So Fresh, inaugurée en 2019 sur 25 000 mètres carrés, condense le savoir-faire maison. « Une dizaine d’étapes sont nécessaires à la fabrication dune salade. Avec des DLC très courtes, de 13 jours. Il faut veiller à ce que tout simbrique parfaitement », détaille Yohann David, responsable de secteur.

La salade vient du bâtiment d’en face, les œufs ou le jambon d’un autre. La vinaigrette, tout comme son tube, est aussi fabriquée un peu plus loin. Une ligne de production avec ses appareils et robots dernier cri peut assembler jusqu’à une salade par seconde. En tout, 55 millions de salades y sont désormais produites par an. D’un autre bâtiment sortent 144 millions de sandwichs par an.

•• En présidant aux destinées de Sodebo, les trois sœurs poursuivent une odyssée familiale. Celle-ci a commencé dans les années 1960 quand leurs parents, Joseph et Simone Bougro, issus du monde rural, reprennent une boucherie-charcuterie artisanale à Saint-Georges-de-Montaigu. Leur passion, c’était déjà la partie traiteur, alors ils ont commencé à faire des mariages, à vendre leurs produits chez les bouchers nantais.

Le passage à la semi-industrialisation est symbolisé par la fondation de la Société des établissements Bougro (Sodebo) en 1973. Le premier bâtiment s’étend sur 1 000 mètres carrés, bientôt 100 salariés y travaillent. Lentreprise agroalimentaire se lance ensuite dans la pizza et le sandwich frais dans les années 1990. Puis invente la Pasta Box dans les années 2000, période où Sodebo se lance dans le sponsoring dans la voile, sur le Vendée Globe.

« Ça a décuplé la notoriété de la marque qui était presque inconnue des consommateurs », glisse-t-on en interne. C’est dans ces années-là que les trois sœurs prennent progressivement les rênes de l’entreprise, après y être entrées chacune à leur tour.