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22 Juin 2024 | Pression normative
 

La mairie de Chalon-sur-Saône a annoncé, ce 21 juin, avoir interdit la vente aux mineurs sur son territoire de la poudre Sniffy, présentée comme énergisante et dont la consommation par voie intranasale suscite la controverse.

C’est ainsi que débute une dépêche AFP que nous reprenons.

« Sa consommation se répand très rapidement chez une partie des jeunes de Chalon », a déploré dans un communiqué le maire LR de cette ville de Bourgogne, Gilles Platret. Alerté « par les représentants du corps enseignant », il a adopté jeudi un arrêté municipal « permettant d’interdire et de sanctionner la vente de ce produit aux mineurs » sur sa commune.

•• Vendu sans restriction d’âge depuis l’an dernier par une société marseillaise …), Sniffy avait été d’abord promu dans ses visuels comme « poudre à sniffer », ce qui rappelle le mode de consommation de la cocaïne. Distribuée alors avec une paillette, la poudre avait rapidement provoqué l’indignation de représentants de syndicats policiers, de buralistes (voir 27 mai) ou des spécialistes des addictions. 

Fin mai, le ministre de la Santé Frédéric Valletoux avait promis d’interdire au plus vite cette « cochonnerie » (voir 25 mai). Le 3 juin, il a déposé auprès de la Commission européenne un projet d’arrêté demandant la suspension de la mise sur le marché des produits vendus sous forme de poudre et destinés à être consommés par voie nasale, a confirmé le ministère vendredi à l’AFP.

« Cest la procédure normale car linterdiction porte atteinte à la libre circulation des marchandises. Le délai dépend de lappréciation portée par la Commission sur le caractère durgence », a précisé la même source. Depuis le 5 juin, Sniffy est présenté comme « poudre à absorber » sur le site de Sniffy France, qui a renoncé à promouvoir sa consommation « par voie d’inhalation au profit d’une simple consommation orale ».

•• « Il n’en demeure pas moins que la communication initiale fortement médiatisée autour d’une consommation intranasale a été intégrée par le public cible », rétorque dans son arrêté le maire chalonnais. Selon lui, l’usage du Sniffy, « représente un véritable danger pour les jeunes en banalisant, ou même pire, en valorisant la consommation de stupéfiant ».

En attendant un interdit plus large, la police de Chalon est désormais « chargée de recenser les lieux de vente de ce produit et informera les gérants de l’existence de cet arrêté ». Les infractions seront réprimées. 

La poudre, qui se décline en plusieurs saveurs, est vendu en ligne 14 euros l’unité et agirait pendant 20 à 30 minutes. Selon la marque, le produit contient de la l-arginine, un acide aminé, de la caféine, de la créatinine, de la l-citrulline, la taurine ou encore de la maltodextrine.