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19 Fév 2026 | Trafic
 

Ce 17 février, le Procureur de la République de Perpignan, Jérome Bourrier, a annoncé plusieurs interpellations dans le cadre d’une grande affaire de contrebande de cigarettes entre la France et l’Andorre.

Les investigations auront duré près de deux ans. En juillet 2024, les gendarmes de Montpellier ont reçu des renseignements sur un trafic de cigarettes entre l’Andorre et la France. Plusieurs individus, issus d’une même famille installée dans le secteur de Perpignan, seraient impliqués.

« Ce renseignement a été exploité dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Perpignan », confirme le Procureur de Perpignan.

Grâce à des « techniques spéciales d’enquête » (sonorisation de véhicule, pose de caméras, géolocalisations) utilisées des deux côtés de la frontière, les enquêteurs ont découvert que les importants volumes de cigarettes qui déferlaient sur la France provenaient d’une usine andorrane officielle. Complice présumé, le directeur aurait détourné une partie de la fabrication pour alimenter ce marché parallèle de contrebande.

En février 2025, le réseau subit un premier coup dur. Lors d’une opération judiciaire menée en Andorre, six suspects, dont le directeur de l’usine, ont été interpellés et incarcérés. « Des cigarettes, des véhicules et du numéraire étaient saisis à cette occasion », révèle le Procureur. Ces individus ont été condamnés en juin 2025 par la justice de la principauté.

Du côté français, en mai 2025, deux personnes ont été mises en examen. L’un d’eux, passeur, a été placé en détention provisoire.

Rebelote en janvier 2026. « Lors d’une opération conjointe, appuyée par les Pelotons de Surveillance et d’Intervention de Prades et d’Argelès-sur-Mer et une équipe cynophile, une opération a permis l’interpellation de deux autres protagonistes impliqués dans le trafic de cigarettes initial et les faits de trafic de migrants », indique le magistrat.

Lors des perquisitions, les forces de l’ordre ont saisi deux véhicules utilisés pour les passages entre l’Andorre et la France. « L’opération conjointe permettait aussi la découverte de personnes en situation irrégulière, dont l’une faisant l’objet d’une interdiction de territoire national consécutive à une précédente condamnation », poursuit le procureur.

Pour l’heure, quatre suspects sont mis en examen. Trois sont en détention provisoire et une autre sous contrôle judiciaire pour « importation et détention de tabac en bande organisée », « association de malfaiteurs », « aide au séjour irrégulier en bande organisée » et « blanchiment aggravé ».

L’enquête se poursuit sur commission rogatoire du juge d’instruction.