
Face à la hausse des prix du tabac, les consommateurs s’organisent. En Occitanie, deux tendances se dessinent : le recours croissant au marché parallèle et l’essor de la cigarette électronique.
C’est ainsi que débute un article du Midi Libre de ce 1er août, signé Mariola Oyono, que nous reprenons.
Alors que le prix moyen d’un paquet de cigarettes dépasse désormais les 12 euros, les fumeurs d’Occitanie cherchent des alternatives.
Selon les derniers résultats de l’enquête Empty Pack Survey, menée par Imperial Brands Seita, la région se classe deuxième en France pour la part de tabac de contrefaçon détectée au 4e trimestre 2024 (voir le 18 juin 2025).
Les fumeurs ne se contentent plus d’acheter leur tabac en bureau de tabac. De plus en plus, ils se tournent vers le marché parallèle, incluant les achats transfrontaliers, les circuits non officiels ou encore les contrefaçons.
« C’est un phénomène qui prend de l’ampleur en Occitanie, reflet d’une volonté de contourner une fiscalité devenue trop lourde pour de nombreux consommateurs », analyse Mélissa Chelbani, responsable des Affaires publiques chez Seita.
La vape, un levier de sortie du tabac
Mais au-delà du marché noir, un autre phénomène s’intensifie : le passage à la vape. Avec plus de 3 millions d’utilisateurs en France, la cigarette électronique séduit de nombreux fumeurs en quête d’une alternative moins nocive.
« La vape est aujourd’hui considérée comme 95 % moins dangereuse que la cigarette classique, selon les autorités sanitaires britanniques », souligne la spécialiste. Selon plusieurs études, elle serait également deux fois plus efficace que les substituts nicotiniques classiques, comme les patchs, pour arrêter de fumer. En Occitanie, aucune évolution concernant l’utilisation de la vape n’est remarquée entre 2021 et 2023.
Vers un nouveau rapport à la consommation
Ce mouvement marque une évolution de fond : les fumeurs prennent désormais leurs propres décisions en matière de consommation, indépendamment des injonctions publiques. « On assiste à une reprise de contrôle de la part des usagers : ils s’affranchissent des hausses de taxes, soit en changeant de circuit d’achat, soit en optant pour la vape », ajoute Mélissa Chelbani.
Alors que l’État poursuit sa politique de fiscalité dissuasive, certains acteurs du secteur appellent à une stratégie plus globale, qui intégrerait l’accompagnement vers des produits à moindre risque.
En Occitanie comme ailleurs, les comportements changent. La part de cigarettes contrefaites est passée de 15,4 % au 4e trimestre 2023 à 22,5 % au 4e trimestre 2024, soit une hausse de 31,67 %. Reste à savoir si les politiques publiques sauront s’adapter à cette nouvelle réalité du terrain.




