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22 Oct 2021 | Profession
 

Convoqué par une assemblée générale extraordinaire, ce 21 octobre, avec pour objet l’étude de sa « révocation pour faute » (voir 21 octobre), le directeur général du PMU Cyril Linette a été démis sur le champ, confirme une dépêche AFP, signée Colin Dronion et Katell Prigent- que nous reprenons intégralement.

L’assemblée générale ordinaire des membres du GIE PMU « a mis fin aux fonctions de directeur général de Cyril Linette à compter de ce soir », a annoncé le PMU dans un communiqué laconique. Le conseil d’administration se réunira mardi 26 octobre 2021, afin d’organiser l’intérim de la direction générale, est-il juste ajouté.

•• « Il a été révoqué à l’unanimité pour faute », a précisé à l’AFP une personne ayant assisté à l’assemblée générale. « Il s’est défendu avec émotion et a dénoncé un manque de soutien des trois présidents (de France Galop, du Trot et du PMU, ndlr) depuis plusieurs mois », a ajouté cette source qui a souhaité rester anonyme.

L’assemblée générale extraordinaire avait été convoquée pour délibérer de la « révocation pour faute » du directeur général Cyril Linette accusé de s’être « rendu coupable récemment d’agissements qui portent atteinte au GIE », groupement d’intérêt économique.

•• Le GIE PMU compte 57 membres: les associations à but non lucratif France Galop et Le Trot -sociétés mères du PMU-, ainsi que 55 sociétés de courses régionales.

Il est reproché à M. Linette d’avoir pris « des positions contradictoires dans la gestion du projet Thémis, changeant publiquement d’avis sans la moindre concertation préalable avec le conseil d’administration, tout en envoyant des lettres accusatoires à l’encontre des administrateurs et des sociétés mères », selon la convocation.

Le projet Thémis prévoit de réunir le PMU, France Galop et Le Trot dans un même immeuble, dans le nord de Paris. « Récemment, plutôt que de louer cet immeuble commun, les deux sociétés-mères ont voulu acheter un immeuble et que le PMU en soit locataire d’une partie », a expliqué à l’AFP Jean-François Périnel (DSC CAT, 1er syndicat du PMU).

« À l’issue d’une réunion sollicitée par l’intersyndicale CAT/SHN-CGC, M. Linette a dit devant les présidents des trois sociétés qu’il avait bien compris que ce projet n’était pas terrible pour les salariés et il a annoncé par surprise qu’il n’y était pas favorable », a confirmé M. Périnel. Il a également convaincu « l’État de lancer une expertise qui va retarder le projet » et « a dit qu’il craignait à terme une fusion entre les trois entités », a-t-il ajouté.

•• Dans la convocation de l’AG il était reproché à M. Linette d’avoir « créé des conditions de défiance à l’égard des membres du GIE et des sociétés mères » et « un climat social conflictuel ».

Selon Les Échos jeudi, « France Galop et Le Trot sont en négociation exclusive avec AG2R en vue d’acheter un bien immobilier » -dont le PMU deviendrait locataire-, une « opération à 145 millions d’euros ».

« La semaine dernière, en découvrant des conditions de bail largement défavorables, écoutant aussi les alertes formulées par les organisations syndicales, j’ai émis les plus grandes réserves quant aux conditions économiques et sociales dans lesquelles ce projet commençait à se déployer », s’expliquait Cyril Linette dans une vidéo interne enregistrée le 15 octobre et diffusée par Mediapart.

Il y dénonçait une « éviction dans l’urgence ». « J’ai donc demandé au conseil d’administration de mettre en pause le projet de déménagement » et « l’État a proposé de nommer un expert chargé d’étudier la conformité des conditions de réalisation de cette opération », poursuit-il, le PMU étant sous la tutelle de Bercy et du ministère de l’Agriculture.