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24 Août 2021 | Profession
 

En Bretagne, des initiatives privées destinées à faciliter l’utilisation du pass sanitaire ont été prises par certains cafés et restaurants.

Les organisations professionnelles restent sceptiques sur l’extension de ces pratiques.

•• La patronne du bar-tabac-presse à Plouezoc’h (10 kilomètres de Morlaix, Finistère) donne ainsi des porte-clés à ses clients en guise de pass. « Je le fais depuis le début pour les habitués du restaurant », explique-t-elle au Télégramme. « Je plastifie moi-même leur QR code et je l’insère dans le porte-clés qu’ils n’ont plus qu’à scanner lorsqu’ils viennent ».

Une formule qui semble convenir à la clientèle : « j’ai de plus en plus de demandes, confie-t-elle. Les gens sont contents car c’est plus pratique pour tout le monde. En particulier, pour les seniors. »

Même topo à Penvénan (20 kilomètres de Paimpol, Côtes-d’Armor), où la patronne d’un bar-PMU distribue, elle, des bracelets QR code à ses clients. Un privilège réservé aux fidèles détenteurs d’un pass sanitaire. Inspirée par l’organisation des festivals, l’idée a germé au cours de discussions avec les habitués et leur facilite désormais l’accès à l’établissement. Sans oublier, les nombreux sites en ligne proposant des porte-clés QR code personnalisables pour 3 à 8 euros.

•• Le président de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (Umih) du Morbihan, Bruno Kerdal, n’est pas enthousiasmé par cette idée. « Je ne vois pas trop l’intérêt, ça ne me plaît pas et ce n’est pas ça qui fera revenir les gens dans les bars » estime-t-il, « pour les gens qui sortent beaucoup, c’est peut-être plus pratique mais le pass sur smartphone marche bien. Le problème du moment, c’est la baisse d’activité, pas les embouteillages à l’entrée. »

•• Une réunion s’est tenue, jeudi dernier, en préfecture de Saint-Brieuc, à laquelle participait Dominique Spenlehauer, président de l’Umih des Côtes-d’Armor, également en charge de l’Umih régionale, qui voulait en savoir plus. « Il y a une question de validité juridique des bracelets, qui contiennent des données personnelles de santé. Donc, se posent à la fois la question du secret médical et celle de la vie privée. Est-ce que c’est une bonne chose ? Est-ce que c’est envisageable ici ? ».

En outre, il craint une sélection supplémentaire entre les gens. « J’ai peur que ça stigmatise encore un peu les uns et les autres car, partout où vous irez, on saura que vous êtes vacciné et dans quel restaurant vous allez, c’est quand même problématique … Ce qui peut aider les restaurateurs est bienvenu, il y a des établissements qui font moins 50 % de chiffre d’affaires depuis le début de la saison, mais il ne faut pas se mettre hors-la-loi. »