Le projet d’instauration des paquets neutres, annoncé par la ministre de la Santé (voir Lemondedutabac du 31 juillet), continue de focaliser les médias, avec certaines approches de » décryptage » .
• Sur RTL en fin de journée d’hier, dans l’émission « On refait le monde », les invités semblaient converger sur un point : le développement de la contrebande. Philip Turle (journaliste anglais) tout en constatant qu’il y a beaucoup de fumeurs en France, notamment chez les jeunes, en déduisait que les gens allaient se tourner vers la contrebande. Julien Damo (professeur de sociologie à l’IEP de Paris et éditorialiste aux Echos) confirme en expliquant que la contrebande est très présente à Paris.
• Emmanuelle Bignot (directrice générale du Comité national contre le tabagisme) représente, en la circonstance, le principal « porte-parole » des anti-tabac, avec de nombreuses interventions hier sur les radios.
Dans La Croix de ce 2 août, elle s’exprime dans la tribune « Votre question du jour ». Elle précise que la mesure est demandée depuis longtemps par les associations parce qu’elle permettrait « de casser le packaging qui est un support de communication essentiel pour les fabricants de cigarettes ». Elle appuie sa thèse sur les documents internes de l’industrie américaine qui parlaient de « vendeurs muets ». Elle insiste en rappelant « les condamnations par la justice française de fabricants qui avaient commercialisé des paquets, considérés comme supports publicitaires et incitations directes à la consommation ».
• Libération, dans sa rubrique « Décryptage », pèse le pour et le contre en posant la question « Une mesure fumeuse ? ».
Pour le CNCT, la mesure n’est pas un gadget : « l’enjeu sanitaire de ces produits est fondamental : il est de permettre aux responsables de santé publique de concevoir le packaging comme un outil pour faire passer des messages de prévention …, non plus comme un support promotionnel servant l’industrie du tabac ». En contrepartie, Libération reprend les arguments des fabricants sur le développement de la contrebande et le cri d’alerte des buralistes : « Trop, c’est trop ».




