. « Alors, vous venez lundi ?
. « Oui, je me suis inscrit pour le car qui va à Toulouse. C’est bien sur le parking du Carrefour de Brive que l’on se retrouve ?
. « Moi, pour aller à la manif, je ferme l’après-midi. J’ai prévenu mes clients ! »
Extrait d’une conversation, surprise à l’entrée de l’assemblée générale des buralistes corréziens, ce vendredi soir du 30 octobre, à Gimel-les-Cascades, au cœur du département.
Soit 120 participants déjà mobilisés – les banderoles comptaient parmi la décoration particulièrement flamboyante de la salle – et un préfet venu en mission.
Jeune président de la chambre syndicale de Corrèze, Frédéric Vergne a énergiquement exhorté ses troupes à se mobiliser devant l’obstination de Marisol Touraine se prévalant du soutien de François Hollande. Et de faire un compte-rendu de son entrevue arrachée au président de la République, à Tulle, courant septembre (voir Lmdt du 19 septembre) : « Il nous a dit qu’il était encore mieux de discuter autour d’une table plutôt que de brandir des banderoles. Mais de notre discussion … il n’est rien ressorti de concret ».
« Ce dossier du paquet neutre, c’est avant tout une histoire de trahison ! » a tonné Pascal Montredon. « Trois mois avant que Marisol Touraine n’annonce son projet de paquet neutre, on nous assurait à l’Élysée que le paquet neutre n’était pas inscrit à l’agenda du gouvernement. Et puis, cela nous est tombé brusquement dessus. Sans la moindre étude d’impact sur le réseau des buralistes !
« Si nous sommes ainsi mobilisés, c’est parce que nous nous sentons victimes d’une injustice. Le paquet neutre aggraverait encore la distorsion de concurrence avec nos voisins européens ! ».
Visiblement embarrassé, le préfet Bertrand Gaume (nommé l’été denier, il était auparavant le directeur de cabinet de Najat Vallaud-Belkacem) a commenté formellement la situation et s’est évertué à promouvoir le plan d’action contre le marché parallèle qu’il met en place avec la chambre syndicale départementale.
À l’issue de l’assemblée générale, il s’est entretenu, à part, avec le président de la Confédération pour faire un dernier point sur une situation encore passablement bloquée. Une chose est certaine : la mobilisation du 2 novembre va être suivie de très près par les autorités.




