Marisol Touraine n’a pas eu un mot pour les buralistes, dimanche dernier, lors de sa déclaration sur le paquet neutre à 10 euros (voir Lmdt des 21 et 23 février). Ni les journalistes qui l’interrogeaient, d’ailleurs.
Mais qui imagine, alors, ce qui se passe dans la tête de ces femmes et ces hommes qui ont la responsabilité d’entreprises sur le dos et ont donc besoin d’un minimum de visibilité sur les mois à venir ? 25 000 petites entreprises dans la France d’aujourd’hui.
• Déjà, la mise en œuvre des dispositions de la loi Santé de Marisol Touraine ne s’annonce pas simple (voir Lmdt du 16 février) :
. interdiction de vente des cigarettes à capsules (convertibles) à partir du vendredi 20 mai (soit un pan entier de leur offre en linéaire) ;
. arrivée progressive du paquet neutre – entre le 20 mai et le 20 novembre – avec des problèmes aussi compliqués qu’inédits concernant la gestion des livraisons, des mises en linéaires et du service à des clients soudainement déconcertés. Sans oublier le traitement d’erreurs inévitables, pendant un certain temps.
• Là-dessus, Marisol Touraine annonce un bond en avant du prix du paquet de cigarettes à 10 euros (voir Lmdt des 21 et 22 février).
Sous l’effet médiatique suscité par cette déclaration, un certain nombre des clients des buralistes ont réagi, dés ce lundi matin (beaucoup plus que sur le paquet neutre …) : non pour annoncer qu’ils vont arrêter ou passer à la cigarette électronique … mais pour confirmer qu’ils vont aller s’approvisionner ailleurs, autrement (voir le site « nous sommes 13 millions de fumeurs adultes et responsables » / lien).
Une telle réaction des clients est concrète, palpable. Instantanée.
Certains pourront estimer que la déclaration de Marisol Touraine est un simple effet d’annonce ou un « coup de sonde » (voir Lmdt du 23 février). Mais jusqu’à maintenant, personne n’a relativisé ou corrigé son propos.
Et la ministre a évoqué, comme échéance, la fin du « quinquennat » : dans un an.
Et Michèle Delaunay a déjà donné le mode d’emploi : un vote parlementaire au mois de juin (voir Lmdt du 23 février).
Aux complications et à la stigmatisation du paquet neutre, s’ajoute un vrai risque économique avec une nouvelle et forte poussée de la concurrence déloyale, représentée par le marché parallèle.
Demandez aux banquiers des buralistes, et aux éventuels repreneurs , ce qu’ils en pensent ?




