Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
12 Oct 2024 | Trafic
 

Seul à comparaître dans un dossier qui évoquait pourtant plusieurs suspects, un revendeur de cigarettes de contrebande qui opérait dans le bassin de Creil était jugé, ce mercredi 9 octobre, au tribunal de Senlis.

Dans le box un Turc âgé de 45 ans, suspecté d’œuvrer à la revente de cigarette de contrebande dans le Bassin creillois : un trafic particulièrement prégnant à Creil et Nogent-sur-Oise depuis plusieurs mois.

•• Selon Le Parisien, quand le commissariat de Creil reçoit une information, à la mi-septembre, qu’un homme, répondant à sa description, a été vu dans les rues de Nogent en train de revendre des cigarettes, une surveillance est aussitôt mise en place. Elle durera jusqu’au 7 octobre et permettra de mettre en lumière trois autres personnes. Pourtant, ce mercredi, il. est le seul à comparaître. Reconnu coupable, il écopera de six mois de prison avec sursis.

Un dossier « lacunaire » pour la Procureure de la République. « Avec des gens identifiés qui nont pas été entendus », regrette-t-elle, pointant un dossier « symptomatique » de ce genre d’affaires. « Des gens comme lui, à Creil, il y en a à tous les coins de rue », souligne-t-elle. « Des personnes qui sont en France depuis peu de temps, qui n’ont pas de ressources, et sur qui les trafiquants s’appuient pour mener leurs affaires. »

•• Le 18 septembre, il est aperçu à Creil, à trois reprises, en train de vendre des cigarettes. Le même jour, les enquêteurs le voient échanger avec un homme connu de leurs services, sous le surnom de « Barman », pour des faits similaires.

Le Turc est interpellé le 7 octobre avec 26 paquets sur lui. Au même moment, des policiers en poste devant chez lui aperçoivent deux hommes se faire remettre 375 euros en espèces depuis la fenêtre de son domicile. Parmi ces deux individus, le fameux Barman, qui ne sera pourtant pas interrogé …

Lors de perquisition du logement, les policiers mettent la main sur une quinzaine de cartouches, 800 euros en espèces mais aussi plusieurs mandats entre 1 000 et 2 500 euros envoyés depuis 2022 en Turquie. Ne cherchant pas à nier, le mis en cause explique qu’il est en situation irrégulière, il fait d’ailleurs l’objet d’une Obligation de quitter le Territoire français (OQTF), et que, refusant de voler, il n’avait pas beaucoup de choix pour subvenir à ses besoins.

Ce père de quatre enfants au casier judiciaire vierge, arrivé en France en 2018, est ainsi une sorte de figure type du revendeur de paquet de cigarette, décrit par la Procureure dans ses réquisitions : « lui a été arrêté mais combien sont encore dehors ? Au-delà des pertes financières pour l’État, il ne faut pas oublier que ces cigarettes ne respectent pas les normes de santé publique et contiennent des pesticides ou des produits frelatés. » (Voir aussi 24 janvier 2024, 9 juin 2023).