Le secteur de la restauration devrait afficher une hausse de ses ventes de 1 % cette année, selon Food Service Vision. S’il n’a pas bénéficié de l’effet JO, il a réussi à s’adapter malgré les incertitudes politiques et la mauvaise météo. Analyse de Clotilde Briard dans Les Échos.
En 2024, la restauration est parvenue à maintenir le cap. Une performance en soi … mais sans faire d’étincelle non plus.
•• Le secteur, incluant aussi les cantines et les commerces de proximité faisant du snacking, devrait finalement terminer l’année avec un chiffre d’affaires en légère progression à + 1 %, prévoit la nouvelle revue stratégique du cabinet Food Service Vision. Soit le milieu de la fourchette de 0 à 2 % anticipée en septembre.
Le segment spécifique de la restauration commerciale se situe, lui aussi, à + 1 % sur l’année.
Les mois d’octobre et novembre, dynamiques, ont aidé à compenser un chiffre d’affaires de juin puis de septembre en régression. La rentrée avait, en effet, souffert de la comparaison avec celle de l’an dernier où le soleil et la Coupe du monde de rugby avaient amené les gens à s’attabler hors de chez eux.
« Le moral des Français est fluctuant. Mais l’activité a retrouvé des couleurs. Les vacances de la Toussaint ont été plutôt favorables. Et la profession a su intégrer la nouvelle donne, entre morosité des ménages et besoin d’avoir du réconfort. Elle ajuste son offre pour continuer à attirer les consommateurs », estime François Blouin, le président fondateur de Food Service Vision qui décerne la mention « honorable » à 2024.
•• Parmi les adaptations qu’il a vu s’installer, il souligne la place désormais prise par les propositions végétariennes. Neuf restaurants indépendants sur dix en proposent aujourd’hui. Et 17 % des offres de plats sont végétariennes. De quoi répondre aux attentes de jeunes générations de plus en plus sensibles au sujet mais aussi satisfaire des groupes familiaux ou d’amis au sein desquels les habitudes alimentaires peuvent différer.
Autre nerf de la guerre : les Français se montrent de plus en plus attentifs aux tarifs des cartes. Les établissements indépendants ont ainsi modéré les hausses de prix qui se sont contenues à 0,3 % durant les trois derniers mois. Ils ont été aidés en cela par le ralentissement de l’inflation, même si certains postes de dépenses, comme le chocolat ou le beurre, continuent à exploser.
L’une des grandes pistes de plus en plus explorées par la profession n’est pas forcément perceptible par les consommateurs. Il s’agit du travail de fond réalisé en cuisine pour réduire le gaspillage et optimiser les coûts de revient. Bien entamé, il restera au cœur des préoccupations dans les prochains mois.
« Pour 2025, nous anticipons une année touristique favorable, notamment grâce aux étrangers et à l’image générée par les JO. En outre, il y a des chances raisonnables de penser que la météo soit bien meilleure et tire l’activité » précise François Blouin. De quoi dessiner, selon lui, une croissance modérée l’an prochain.




