
Le récent décret, qui étend l’interdiction de fumer à de nombreux lieux publics, provoque un tollé chez certains défenseurs des libertés individuelles.
Le Cercle Droit & Liberté a saisi le Conseil d’État pour dénoncer cette mesure jugée disproportionnée et liberticide. Nous reprenons l’essentiel de l’article qu’y consacre Marianne Lecach dans le Journal du Dimanche / JDD.fr.
Vent debout contre le décret qui interdit le tabagisme dans de nouveaux lieux publics (voir les 1er juillet et 29 juin), le Cercle Droit & Liberté a déposé un recours devant le Conseil d’État pour « excès de pouvoir ».
« Il ne s’agit plus de protéger la santé d’autrui, mais bien d’imposer une norme comportementale et de traquer une pratique dans des lieux où la nuisance est quasi nulle », fustige ce réseau de juristes et d’avocats engagés, dont le recours s’articule autour d’un principe simple : « la liberté est la règle, la restriction l’exception ».
« Ce n’est pas un caprice. C’est véritablement la défense du droit et du bien commun. » Si le président du Cercle Droit & Liberté, Thibault Mercier, dit comprendre l’interdiction de la cigarette près des écoles et l’existence d’une lutte anti-tabac, il s’oppose à un « État qui, petit à petit, vient grappiller nos derniers espaces de liberté ».
Il craint également que se cachent, sous couvert de santé publique, des enjeux économiques. « On voit un peu le fumeur comme un contribuable. Il sera facile de lui donner une amende de 135 euros. Il paiera, alors qu’il est déjà taxé énormément quand il achète un paquet », développe l’avocat auprès du JDD.
Ce décret « instaure une présomption de nuisance et de gêne transformant l’espace public, lieu d’expression de toutes les libertés, en un espace aseptisé et sous surveillance », ajoute le Cercle Droit & Liberté.
Avant de rappeler que l’État n’a pas à « régenter les moindres faits et gestes des citoyens dans leur vie privée et sociale ».
Auteur d’une récente tribune sur l’aspect « antisocial » de cette mesure, Julien Nava salue le dépôt de ce recours (voir le 6 juillet 2025).
« Ce n’est pas un caprice. C’est véritablement la défense du droit et du bien commun », affirme l’avocat au barreau de Paris auprès du JDD.
Et de déplorer : « J’ai le sentiment qu’il y a une dérive d’un certain nombre de législations qui, en s’adressant à tout le monde, touchent les plus fragiles. » L’avocat plaide d’ailleurs pour « accentuer la prévention », évoquant par exemple la distribution de cendriers de poche afin d’empêcher les jets de mégots sur la voie publique.
« Nous contestons la démesure de ce décret », reprend de son côté Thibault Mercier.
Le président du Cercle Droit & Liberté redoute d’ailleurs que ce texte ouvre la voie à d’autres interdictions, comme celles de fumer sur les terrasses des restaurants et cafés, ou même de consommer de l’alcool.
« On nous dit que le tabagisme coûte des milliards d’euros, ce qui n’est pas faux. Mais la prochaine étape sera-t-elle de nous dire la même chose pour l’alcool, dont il faudra diminuer la consommation ? » s’interroge-t-il.




