L’annonce de Marisol Touraine sur l’extension de l’interdiction de fumer (voir Lemondedutabac du 20 juillet) alimente depuis hier matin l’émission quotidienne de RMC « Les Grandes Gueules ». Avec de tout et son contraire et surtout des « coups de gueule ».
• Hier matin, les invités ont été franchement critiques vis-à-vis de la ministre. « C’est du délire », s’est exclamé le chroniqueur Franck Tanguy, « elle ne délivre pas les bons arguments de santé publique en se limitant à l’interdiction de fumer en public ». Gilles-William Goldnadel (avocat et amateur de cigares – photo) s’insurge : « certains disent que l’on va vers une interdiction totale … On sait que le tabac tue et coûte cher à la Sécu … Mais ce qui m’insupporte, c’est le politiquement correct de la ministre. Autant je peux comprendre, qu’au nom du tabagisme passif, on puisse interdire de fumer dans les lieux clos, mais dans un lieu à l’air libre, un parc ! Et dire que c’est donner un mauvais exemple aux enfants, c’est encore du politiquement correct. On enlève la clope de la bouche de Lucky Luke, on n’aura plus le droit de fumer devant une école, c’est insupportable ».
Un débat sur la liberté approuvé par un autre invité, Sylvain Grandserre, éducateur : « Vue la liste de la ministre, on n’a plus le droit de fumer nulle part, en fait. Je suis d’accord pour dire que le tabac n’est pas un produit pour les jeunes. Mais, c’est aussi une liberté. Mettons le paquet sur l’articulation entre prévention et liberté. Ceci est vrai aussi pour l’alcool et pour la voiture, source de pollution ». Et de faire remarquer le « civisme » des fumeurs qui se sont pliés très facilement à l’interdiction de fumer dans les lieux publics.
• Ce mardi, l’annonce par Anne Hidalgo, candidate à la mairie de Paris, de la création d’un poste d’un maire-adjoint chargé de la nuit parisienne a rebondi sur l’interdiction de fumer dans les bars et son impact négatif sur l’activité nocturne. Le réalisateur Julien Leclercq rappelant que la loi a fait beaucoup de mal à la vie de la nuit dans la capitale, comme à Pigalle, par exemple, « où les nuits sont devenues tristes. On ne peut plus fumer dans les bars. Et encore moins dehors, cela fait monter au créneau les voisins et riverains ».
La chroniqueuse Claire O’Petit tente de faire la promotion de la cigarette électronique (puisqu’elle est distributrice). Sans succès, ses compères lui répondant que son combat était perdu d’avance avec les conséquences du projet d’interdiction de publicité sur le produit. « Pas du tout. J’irai à Bruxelles. L’Europe va nous sauver » a t’elle assuré.




