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12 Fév 2015 | Associations
 

dautzenbergC’est Le Quotidien du Médecin.fr qui l’a annoncé ce mercredi 11 février : l’Office français de Prévention du Tabagisme et autres Addictions a déposé le bilan, le 20 janvier dernier, « suite à trente mois d’agonie financière ». Le juge doit se prononcer, le 19 février, sur la viabilité de l’association, « mais l’OFT a quasi cessé son activité le 5 février, c’est une fin totale » a déclaré Bertrand Dautzenberg, son président. 

Cette fermeture fait suite à la perte, en juillet 2012, de la gestion de la ligne « Tabac Info Service » (voir Lmdt des 18 juillet, 8 juin, 31 mai 2012) en faveur de la société commerciale Direct Medica, dirigée par l’ex-trésorière de l’OFT, Sophie Kerob-Schonborn. « C’est la cause majeure, la ligne Tabac Info Service représentait 80 % de l’activité de l’OFT, » explique Bertrand Dautzenberg, « nous avons fait un bilan à zéro cette année, nous n’avons pas eu le temps de rattraper le retard … ».

La ligne avait été créée par l’Office en 2000, avec l’aide du Comité d’Éducation français pour la Santé (CFES), puis développée avec l’Institut national de Prévention et d’Éducation pour la Santé (INPES). Bilan : 200 000 entretiens avec une quarantaine de tabacologues experts. L’Office de Prévention du Tabagisme était aussi, et surtout, depuis sa naissance, en 1998, un acteur majeur de la lutte médiatique contre le tabac, grâce à un porte-parole de choix en la personne de Bertrand Dautzenberg.

En mai 2013, l’OFT a commis, avec le soutien de la DGS, le « rapport et avis d’experts sur l’e-cigarette » (voir Lmdt du 28 mai 2013). Car l’OFT a également eu une activité d’édition. Dont un « Tout ce que vous ne savez pas sur la chicha », publié en 2007, signé par Bertrand Dautzenberg et illustré par Charb qui, depuis, avait eu le temps d’adopter une position nuancée sur la question du tabac en général (voir Lmdt des 16 janvier et 7 février). Dernièrement, l’OFT avait emménagé au cœur de Paris – dans des locaux partagés avec l’Alliance contre le Tabac, le CNCT et le DNF – à quelques encablures, d’ailleurs, de la Revue des Tabacs. Le monde est petit.

Aujourd’hui « tout ça s’arrête. On a l’impression que cela n’a servi à rien, au moment où il y a toujours plus de fumeurs. On prive une des seules associations d’aider les fumeurs, alors que les associations pour l’arrêt du tabac devraient être plus nombreuses » commente Joseph Osman, son  directeur, qui est à la tête d’une équipe de quatre salariés.