L’extension de l’interdiction de fumer dans les lieux publics (voir Lemondedutabac du 3 septembre) a provoqué un mécontentement quasi-général au Liban, « un pays considéré comme le paradis des fumeurs » annonce l’AFP.
Il y a un an, la mesure d’interdiction – pas toujours respectée – concernait les aéroports, les hôpitaux, les écoles et les transports en commun. Depuis le 3 septembre, elle touche les cafés, les restaurants et les autres établissements touristiques. En cas d’infraction, le montant de l’amende est fixé à 71 euros pour le fumeur et entre 715 à 2.100 euros pour les propriétaires d’établissements.
La majorité des personnes interrogées reproche au gouvernement d’avoir privé les fumeurs d’une sorte de « défoulement » dans un pays miné par des années de guerre, d’instabilité et de problèmes économiques : « Interdire la cigarette, c’est un concept européen, mais fumer le narguilé, c’est un mode de vie libanais et oriental et on veut nous priver de ça ! » témoigne un patron d’entreprise de transport ; « Le gouvernement ne s’est jamais préoccupé du citoyen et on n’est même pas couvert par une assurance-maladie comme en Europe, vous voulez me faire croire qu’il s’inquiète pour notre santé maintenant ? » renchérit un acteur libanais .
Les plus inquiets sont les patrons de cafés et restaurants – certains estiment que 80% de leurs clients viennent pour fumer le narguilé – et craignent que beaucoup ferment leurs portes. Près de Beyrouth, de nombreux propriétaires ont organisé un sit-in, dés le jour de l’entrée en vigueur, pour protester contre la loi et réclamer la possibilité de créer des zones fumeurs. Dans les villes touristiques (Tyr, Baalbek) comme à Tripoli (théâtre d’affrontements sporadiques), la grogne monte aussi.
Dans un pays où les habitants excellent dans l’autodérision, les blagues commencent déjà à circuler, « Alerte: une boîte de cigarette a été retrouvée dans un local et les forces de sécurité ont investi les lieux. »




