Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
26 Jan 2024 | Observatoire
 

Les adolescents s’assagissent en France : ils consomment de moins en moins de tabac, alcool et cannabis, des résultats « encourageants » voire « spectaculaires », selon des spécialistes qui n’observent pas pour l’heure de « transfert » vers d’autres addictions.

« Les résultats sont globalement encourageants », a déclaré, ce 25 janvier, Guillaume Airagnes, directeur de l’Observatoire français des Drogues et des Tendances addictives (OFDT) au cours d’une présentation à la presse d’une enquête sur l’usage de substances psychoactives chez les collégiens et lycéens (voir 25 janvier). C’est ainsi que débute une dépêche AFP, signée Olga Nedbaeva, que nous reprenons.

•• L’ensemble des niveaux d’usages de substances est en baisse en 2022 par rapport à 2018, selon la deuxième édition de l’enquête nationale EnCLASS, menée par l’OFDT et à laquelle ont participé plus de 9 500 collégiens et lycéens (voir 26 mai 2022).

En 2022, 43,4 % des collégiens déclarent avoir expérimenté l’alcool contre 60 % quatre ans plus tôt, 11,4 % contre 21,2 % disent avoir expérimenté la cigarette et 5,3 % contre 6,7 % le cannabis. 

Parmi les lycéens, on observe également une diminution sensible des niveaux de consommation d’alcool durant la même période : l’expérimentation et l’usage dans le mois sont passés respectivement de 85,0 % à 68,3 % et de 62,1 % à 49,3 %. La consommation régulière a été divisée par trois, passant de 16,7 % à 5,3 %.

L’alcool reste la substance la plus couramment expérimentée et consommée par les adolescents : un collégien sur dix a déjà été ivre, et ce sans distinction selon le sexe.« On se réjouit pour l’alcool, mais tout n’est pas réglé », résume pour l’AFP Stanislas Spilka, responsable de l’unité data de l’OFDT (…)

L’expérimentation du tabac a aussi nettement chuté chez les collégiens, de 21,2 % à 11,4 % en quatre ans, et de 53 % à 34 % chez les lycéens. « La perspective d’une génération sans tabac est quasi atteignable », souligne Stanislas Spilka. 

La diffusion du cannabis est plus tardive et reste limitée durant le collège. Au lycée, 22,5 % déclarent en avoir consommé en 2022 contre 33,1 % en 2018.

•• Sur une période plus longue, depuis 2010, la consommation de substances a connu une importante diminution qui s’est accentuée ces dernières années en raison au Covid. « La rupture de la sociabilité a stoppé les expérimentations », explique Stanislas Spilka.

Et même si tous constatent la dégradation de la santé mentale des adolescents depuis la crise sanitaire, « on n’a pas identifié un produit ou un comportement de consommation particulier qui viendrait compenser ces baisses massives » de consommation des substances psychoactives, assure l’expert interrogé par l’AFP.

« On observe un certain nombre de comportements concernant les jeux de hasard ou les jeux vidéo et on n’a pas vu pour l’instant de transfert, en tout cas sur ces deux axes-là », ajoute-t-il (…)