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1 Juin 2021 | Associations
 

Marketing d’influence … Dans La Croix, le CNCT (Comité national contre le Tabagisme) pointe du doigt l’utilisation des réseaux sociaux pour faire la promotion de l’Iqos.

« Depuis quelques années, ce genre de publications téléguidées par les marques de tabac prospèrent sur les réseaux sociaux » signale Amélie Eschenbrenner, porte-parole du Comité national contre le tabagisme (CNCT).

•• Une tendance que la crise sanitaire aurait encore accentuée selon elle. « Comme les bureaux de tabac étaient en partie fermés et moins fréquentés (sic), le marketing s’est reporté en ligne et en a profité pour promouvoir des produits soi-disant moins risqués, comme British American Tobacco avec sa cigarette électronique ou Philip Morris avec son appareil de tabac chauffé ».

« En général, ils ne recrutent pas des stars des réseaux sociaux mais des « micro-influenceurs », suivis par moins de 10 000 personnes, afin d’être plus discrets » poursuit-elle.

•• Pour le CNCT, qui effectue une veille régulière de ces opérations de communication sur Internet, il s’agit ni plus ni moins de publicité déguisée, une pratique interdite depuis trente ans par la loi Évin. « Le problème, c’est que le tabac chauffé n’est pas encore considéré comme un produit du tabac traditionnel » indique sa porte-parole, « c’est d’ailleurs pour cela qu’il échappe à la fiscalité et qu’il est vendu moins cher qu’un paquet de cigarettes classique. »

Quant aux vapoteuses, les avis sur leur toxicité divergent au sein de la communauté médicale, d’où une attention moindre des autorités. Pour Amélie Eschenbrenner, l’objectif pour les cigarettiers est clair : normaliser le tabac : « la cigarette électronique va être posée sur une table de café, à côté de lunettes de soleil, d’un cahier ou d’un stylo… Comme si c’était quelque chose d’à la fois banal et essentiel ».anti

•• Contactée par La Croix, la filiale française de Philip Morris réfute ces pratiques. « Philip Morris ne communique pas via les réseaux sociaux sur ses produits, qu’il s’agisse de cigarettes ou de produits dits à moindre risque comme le tabac chauffé, nous dit-on. Les seules communications sur les réseaux sociaux concernent le corporate ».

À l’heure où un adulte sur quatre est fumeur en France, l’entreprise assure œuvrer pour un « monde sans cigarette ». En attendant, elle plaide pour que la politique de prévention s’accompagne d’une « approche complémentaire basée sur la réduction des risques » conclut La Croix.