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1 Juin 2021 | Associations
 

Après plusieurs années consécutives de baisse, la consommation de tabac repart à la hausse (voir 26 mai). Certains experts redoutent un effet « plafond ». Bertrand Dautzenberg estime que ce n’est pas une tendance lourde.

•• Dans un dossier du Parisien, le président de l’Alliance contre le Tabac, Loïc Josseran, déclare « il faut appeler un chat, un chat. C’est une hausse, particulièrement significative chez les plus précaires à laquelle il fallait s’attendre (…) La situation est depuis des mois extrêmement stressante, sur les plans sanitaires comme économique. Or, qu’est-ce qu’on voit dans toutes les grandes crises, comme celle de 2008 ? Une hausse de la consommation de cigarettes ! ». 

« On a connu le meilleur, avec 2 millions de fumeurs en moins, en 3-4 ans. On a perdu les plus faciles, ceux qui avaient envie d’arrêter. Là, on entre dans le dur. On va chercher ceux qui ne sont pas prêts à stopper. Ça ne va pas être simple du tout » poursuit-il.

« Le tabac n’est plus l’Ennemi public numéro 1. Moi-même, je n’en parlais presque plus ces derniers temps, comme si ce n’était plus un sujet » s’excuse presque l’ancienne ministre Michèle Delaunay. « Or, sur ce thème, il faut maintenir une pression sans faille, ne rien lâcher, jamais. »

Reprendre le bâton de pèlerin, intensifier la prévention et « aller gratter partout où c’est possible », c’est aussi le souhait du sociologue Patrick Peretti-Watel. « La peur dans les campagnes sanitaires est un peu casse figure, voire contre-productive. Ce qui peut toucher c’est le gain financier, expliquer qu’après X mois sans fumer, il est possible de s’offrir une semaine de vacances » préconise-t-il.

« Les plus belles armes ont peut-être été utilisées, soit. Réinventons-en d’autres » lance Michèle Delaunay. « Il faut jouer sur la communication positive et ne surtout pas culpabiliser les gens après cette année où chacun a déjà été bien éprouvé. »

•• Sur Europe 1, Bertrand Dautzenberg se montre plus optimiste.

« Je ne pense pas que ce soit une tendance lourde, mais que c’est lié à un contexte particulier. Il faudra regarder cette variation dans le temps. Globalement, on reste sur une tendance baissière : 30 % de fumeurs quotidiens en 2016, 25 % aujourd’hui. Et sur les quatre premiers mois de cette année, les ventes ont baissé de 4 % alors qu’il y a eu beaucoup plus d’achats chez les buralistes. » 

«  Si on continue à augmenter le prix, ça marche. Pour l’instant, il va y avoir une pause pour des raisons politiques que je comprends mais je pense qu’il faut reprendre les hausses et poursuivre les actions de dénormalisation. Les Français veulent arrêter de fumer, ils ont peut-être eu plus de mal pendant les confinements.

« Je reste très optimiste pour une génération sans tabac en 2030. On a une baisse du tabagisme des jeunes dans tous les pays. L’enquête Escapad indique qu’en sortie de lycée on est passé de 39 % de fumeurs quotidiens à 19 % actuellement. La lutte contre le tabagisme se conduit comme un paquebot, c’est du long terme ».