Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
6 Fév 2025 | Profession
 

Dans un interview au Parisien / Aujourd’hui en France du 5 février (version numérique), Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes, se veut optimiste. Il est encore temps, selon lui, pour les bars-tabacs de se moderniser afin dassurer leur pérennité. Le réseau des bars-tabacs subit de plein fouet la baisse des ventes de cigarettes et la concurrence directe dautres commerces (boulangeries, coffee shops …), pourtant il a une carte à jouer. 

• Comment se portent les bars-tabacs aujourdhui ? 

•• Philippe Coy : Les patrons de bars-tabac ne peuvent plus rester les bras croisés, sans sadapter aux évolutions de consommation. Notre métier a vécu de grands moments, cest vrai. Dans les années 1980-1990, les buralistes étaient incontournables. Tout le monde fumait, c’était un marché soutenu, sans concurrence déloyale, ni véritable marché parallèle. Les clients venaient à nous quasiment sans rien faire. Aujourdhui, il est impératif de passer du mode cueillette au mode conquête. 

• Cest-à-dire ? 

•• Philippe Coy : Il y a encore 20 ans, quand vous aviez envie dun jambon-beurre, le réflexe était daller au bar-tabac. Aujourdhui, ce nest plus le cas. Le consommateur va penser à la boulangerie en premier. Comment est-ce arrivé ? Nous avons aussi raté larrivée du vapotage, même si, depuis quatre ou cinq ans, ça va mieux.

Surtout, nos commerces nont pas beaucoup évolué, et souffrent dune image vieillotte, figée dans le temps. Ils ont aujourdhui besoin d’être repensés, modernisés. Ils doivent être plus lumineux, visibles, proposer de véritables parcours clients et des services marchands innovants. 

• Il existe depuis 2018 un fond de transformation et de modernisation des débits de tabac. Quel en est le bilan ? 

•• Philippe Coy : Le premier protocole daccompagnement que jai négocié a bénéficié à 4 456 collègues. En 2023, nous avons pu reconduire le dispositif jusquen 2027, à raison de 20 millions deuros par an. Nous en sommes aujourdhui à 6 500 établissements aidés. Le plan comprend notamment un volet financier qui permet de prendre en charge jusqu’à 30 % des investissements et même 50 % dans les zones rurales, avec un plafond à 33 000 euros. 

• À quoi sert cet argent public ? À faire des travaux dembellissement ? 

•• Philippe Coy : Cela va bien au-delà. La première étape est un diagnostic en 80 points. Cet audit permet danalyser les forces et faiblesses du point de vente, sa zone de chalandise et de réfléchir à de nouveaux services au public : paiement de proximité (amendes ou impôts payés en espèce jusqu’à 300 euros), produits postaux, ferroviaires, règlement du péage autoroutier en flux libre … Souvent, on pense connaître ses clients et leurs attentes, simplement parce quon les appelle par leur prénom, mais ce nest pas aussi simple. 

• Le bar-tabac na donc peut-être pas dit son dernier mot ? 

•• Philippe Coy : Le bar-tabac nest pas mort, à la seule et unique condition d’évoluer, cest une règle dor du commerce. Il bénéficie dun réseau très dense, positionné à des points stratégiques en ville comme en zone rurale. Il a de vrais atouts. Il a aussi prouvé quil était capable dinnover, par exemple en devenant le réseau de distributeur de la néobanque française Nickel. On fêtera dans les prochains jours le 4 millionième compte ouvert chez des buralistes. Ce nest pas banal. 

Autre note positive : nous étions depuis 2005 sur une très mauvaise pente, avec 500 à 600 débits qui fermaient par an. Lan dernier, nous sommes tombés à 120 fermetures. Nous avons eu, dans le même temps, 47 créations. Je note aussi que la profession sest rajeunie. La moyenne d’âge est passée de 54 ans en 2017 à 48 lan dernier.