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24 Juin 2022 | Profession
 

À Lescar, près de Pau, on vient désormais au bureau de tabac de Philippe Coy pour régler ses factures, récupérer un colis, effectuer une opération bancaire, acheter une salade … Deux ans après le début de la pandémie, les bureaux de tabac poursuivent leur mue à marche forcée, annonce Le Figaro de ce 24 juin dans un article dont nous reprenons l’essentiel.

« Le Covid a été un accélérateur de la transformation des points de vente, engagée fin 2018 », se félicite Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes (23 500 points de vente).

En limitant les achats transfrontaliers et le commerce parallèle (contrebande et contrefaçon), la pandémie a, certes, dynamisé les ventes des bureaux de tabac, restés ouverts pendant les confinements. Mais elle les a aussi contraints à s’adapter.

•• « Ils ont dû faire preuve d’imagination pour répondre aux attentes de leurs clients, en vendant des sandwichs, des cafés à emporter, en servant de dépôt pour les maraîchers … » raconte Philippe Coy. « Dans beaucoup de territoires, ces nouvelles missions ont perduré, contribuant à redorer l’image des buralistes. Cela a ouvert la voie à de nouveaux services et métiers

Ces expériences ont notamment conduit la Confédération des buralistes à signer l’an passé un partenariat avec Casino pour la vente de salades et sandwichs. 94 bureaux de tabac y participent à ce jour. 150 supplémentaires pourraient les rejoindre dans les prochains mois.

•• Il y a quatre ans, la profession a engagé le chantier de la transformation de ses points de vente, avec l’objectif d’en faire des « drugstores du quotidien ».

Elle est partie d’un constat simple : face à la baisse des ventes de cigarettes (-50 % en vingt ans), qui représentaient jusque-là 80 % du chiffre d’affaires, il y avait urgence à trouver des relais de croissance. À terme, l’objectif est que les ventes de tabac ne génèrent plus que 50 % des revenus. 

Aujourd’hui, sur les 10 millions de clients que les buralistes accueillent chaque jour, 42 % viennent pour autre chose que du tabac. 19 000 points de vente commercialisent ainsi des produits postaux (timbres et enveloppes principalement), dont 1 300 sont devenus des « La Poste Relais », proposant également le dépôt et retrait de colis, et l’affranchissement.

En 2021, ces services ont généré 159 millions d’euros de volume d’affaires. Dans une tout autre mesure, une soixantaine de points de vente commercialisent des billets de train.

•• Les buralistes s’efforcent donc de diversifier leur activité. Parmi les grands piliers de leur transformation, figure la vente de jeux d’argent, paris sportifs et hippiques. Ils sont la deuxième source de revenus des buralistes via des relations étroites avec La Française des jeux (FDJ) et le PMU. 21.000 bureaux de tabac commercialisent l’offre de la FDJ (plus de 14 milliards de prises de jeux l’an dernier) et 8500 celle du PMU (3,7 milliards d’enjeux hippiques).

En 2019, la Confédération des buralistes et la FDJ ont remporté le marché de la DGFiP pour l’externalisation des encaissements des trésoreries publiques (en espèces et carte bancaire), permettant de régler ses factures de services publics locaux, amendes, impôts… Ce partenariat a été élargi en 2021 au paiement d’autres frais du quotidien auprès de grands opérateurs de services (énergéticiens, bailleurs sociaux…).

Après un retard au démarrage, la cigarette électronique est aussi devenue un relais de croissance pour la quasi-totalité des buralistes (20 100). Au point de devenir les partenaires privilégiés des cigarettiers, tous lancés sur ce créneau (300 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021). Les bureaux de tabac pèsent aujourd’hui un quart du marché de la vape.

Un tiers du réseau vend aussi des feuilles, des fleurs ou des produits alimentaires à base de CBD. « Il faut continuer à ouvrir le champ des possibles », plaide Philippe Coy.

•• Quatre ans après le début du mouvement, ils sont près de 15 % à avoir franchi le pas de la transformation. 3 200 dossiers ont été validés par les douanes, permettant aux propriétaires de bénéficier de l’accompagnement de l’État (jusqu’à 33 000 euros par point de vente).

« Il s’agit d’indépendants qui entreprennent les démarches individuellement, donc c’est un nombre qui est loin d’être négligeable », observe Philippe Coy. Surtout, il estime que, pour ceux qui ont joué le jeu, l’impact a été très net : une augmentation de 20 % de leur chiffre d’affaires. « Cette transformation progresse et doit se poursuivre » estime de son côté Jeanne Pollès, président de Philip Morris France. La diversification de l’offre est essentielle à la pérennité des bureaux de tabac.»

•• La Confédération se félicite par ailleurs que le Covid ait persuadé les plus rétifs au changement de la nécessité de faire évoluer leur modèle.

« Les buralistes des grands centres-villes étaient plus circonspects face à notre plan de transformation, ayant moins besoin de flux supplémentaires » raconte Philippe Coy. « Mais entre le Covid et la baisse de fréquentation touristique, ils ont dû eux aussi être plus inventifs pour séduire les clients. »

Pour poursuivre leur transformation, les buralistes plaident pour une prolongation du fonds de transformation de l’État et pour un gel de la fiscalité sur le tabac. Ils espèrent convaincre le nouveau ministre des Comptes publics, Gabriel Attal, ainsi que Bruno Le Maire, ministre de l’Économie.

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