Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (Mici), qui touchent 200 000 personnes en France, entretiennent des relations troubles avec la cigarette, selon les déclarations du gastroentérologue Jacques Cosne (Hôpital Saint-Antoine de Paris), lors d’un récent colloque sur ces pathologies, à Paris.
Pour la maladie de Crohn (la principale en nombre avec 120 000 cas), les patients doivent impérativement arrêter de fumer car la cigarette « est un facteur majeur dans le développement et l’agressivité de la maladie » qui affecte toutes les parties du tube digestif. L’oxyde de carbone contenu dans la fumée « serait le principal facteur aggravant » et le tabac agirait à de multiples niveaux.
Sa sœur « presque jumelle » la recto-colite hémorragique (RCH) présente des symptômes comparables mais concentrés uniquement sur le côlon et le rectum.
Reste qu’un point les sépare radicalement : la relation au tabac. « De façon paradoxale, le tabac a un effet bénéfique certain dans la recto-colite hémorragique. Les patients en souffrant et qui fument ont une maladie moins agressive que ceux qui ne fument pas » explique Jacques Cosne.
On ne sait pas pourquoi mais la nicotine pourrait être un élément de réponse : on a noté que la substance était plutôt « bénéfique « dans les RCH et on l’a utilisé comme traitement dans les années 90.
Et le professeur de conclure : « mais lorsque l’on compare les bénéfices du tabac sur la RCH et les inconvénients à long terme pour la santé globale, la balance penche clairement en faveur de l’arrêt ».




