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10 Juin 2012 | Pression normative
 

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (Mici), qui touchent 200 000 personnes en France, entretiennent des relations troubles avec la cigarette, selon  les déclarations du gastroentérologue Jacques Cosne (Hôpital Saint-Antoine de Paris), lors d’un récent colloque sur ces pathologies, à Paris.

Pour la maladie de Crohn (la principale en nombre avec 120 000 cas), les patients doivent impérativement arrêter de fumer car la cigarette « est un facteur majeur dans le développement et l’agressivité de la maladie » qui affecte toutes les parties du tube digestif. L’oxyde de carbone contenu dans la fumée « serait le principal facteur aggravant » et le tabac agirait à de multiples niveaux.

Sa sœur « presque jumelle » la recto-colite hémorragique (RCH) présente des symptômes comparables mais concentrés uniquement sur le côlon et le rectum.

Reste qu’un point les sépare radicalement : la relation au tabac. « De façon paradoxale, le tabac a un effet bénéfique certain dans la recto-colite hémorragique. Les patients en souffrant et qui fument ont une maladie moins agressive que ceux qui ne fument pas » explique Jacques Cosne.

On ne sait pas pourquoi mais la nicotine pourrait être un élément de réponse : on a noté que la substance était plutôt « bénéfique « dans les RCH et on l’a utilisé comme traitement dans les années 90.

Et le professeur de conclure : « mais lorsque l’on compare les bénéfices du tabac sur la RCH et les inconvénients à long terme pour la santé globale, la balance penche clairement en faveur de l’arrêt ».