La diminution des ventes de tabac, la baisse de la consommation d’alcool et la transition vers des énergies plus propres mettent à mal les recettes fiscales de l’État (voir 13 mars). Malgré cette baisse, « on peut faire confiance à la créativité fiscale française », prévient le journaliste économique François Lenglet dans son éditorial sur RTL ce 14 mars.
Bonne nouvelle pour la santé, mais mauvaise nouvelle pour les caisses de l’État. Les ventes de tabac ont reculé en France de 12 % l’année dernière, et cela plonge encore davantage depuis le début de l’année, avec -15 % sur les deux premiers mois de 2025 (voir 10 mars).
•• La baisse est à l’œuvre depuis 30 ans, mais elle s’accélère : moins de 1,3 milliard de paquets de cigarettes ont été vendus l’an dernier, c’était un milliard de plus, il y a dix ans. Le marché noir explique sans doute en partie la baisse, ou bien les achats à l’étranger des frontaliers, mais il y a aussi la baisse du nombre de fumeurs quotidien. En dix ans, ils sont passés de 29 à 23 % de la population. Cette chute a évidemment des conséquences sur les rentrées fiscales de l’État.
En 2024, les recettes fiscales du tabac représentaient 12,8 milliards. Alors qu’en 2021, les ventes de tabac rapportaient plus de 14 milliards. On a perdu près de 1,5 milliard en trois ans ! Cette vache à lait fiscale se tarit, et c’est d’autant plus problématique que ce n’est pas la seule.
•• Les taxes sur l’alcool s’amoindrissent, car la consommation d’alcool continue à baisser en France. Le volume d’alcool pur absorbé a diminué, en 2023, de près de 4%. Les taxes sur l’alcool ont évidemment suivi. Elles représentent près de 4 milliards, sans compter les recettes de TVA majorée sur le vin consommé au restaurant, qui diminuent elles aussi.
Dans la série des recettes qui fondent, il y a celles qui proviennent des carburants, en partie à cause de la voiture électrique. Cela vaut aussi pour le gaz, dont la consommation diminue fortement, en partie parce que les ménages s’équipent en pompes à chaleur et à cause de la baisse de la consommation industrielle.




