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14 Jan 2022 | Observatoire, Récents
 

Fumer la chicha serait-il en train de remplacer, chez un certain nombre d’adolescents, le rituel de passage qu’était la première bouffée de cigarette ?

C’est que suggère l’enquête EnCLASS, réalisée par l’Observatoire français des Drogues et de la Toxicomanie (OFDT), auprès de quelque 2 000 élèves de 3ème (voir 12 janvier) sur lequel revient Le Parisien-Aujourd’hui en France (édition du 12 janvier).

L’an dernier, près de 20 % des 14-15 ans, en dépit de la limitation des rassemblements festifs pour cause de Covid-19, avaient fumé plus ou moins occasionnellement de la chicha, selon cette enquête. Et pour 6,2 % des collégiens interrogés, c’était même leur première expérience en tant que « fumeur ». Avant de s’essayer au narguilé, aucun d’eux n’avait songé, ni osé, allumer la moindre cigarette.

•• « 6, 2 %, ce n’est tout de même pas rien. En 2018 déjà, on retrouvait la même proportion de jeunes pour qui la chicha était le tout premier contact avec le tabac, alors qu’en 2014, c’était beaucoup moins fréquent. Pourtant à l’époque, en classe de 3ème, la chicha était alors plus consommée qu’elle ne l’est maintenant », observe Stanislas Spilka responsable des enquêtes à l’OFDT. « C’est pour nous un point de vigilance, la chicha reste un angle mort, dans les politiques antitabac de ces dernières années. Visiblement elle garde la cote ».

•• Voici une quinzaine d’années, que l’OFDT suit le phénomène chicha en parallèle de la consommation classique de tabac.

« Aujourd’hui, il n’y a plus qu’un ado sur trois en classe de 3ème à se laisse tenter par un paquet de cigarettes, alors qu’en 2010 ils étaient encore plus d’un sur deux à succomber. Les jeunes se détournent massivement de la cigarette, largement perçue comme étant un produit dégueulasse, ça, c’est l’excellente nouvelle » constate l’expert, « il ne faudrait que la chicha devienne une sorte de plan B ».

•• « La diffusion de la chicha se fait d’abord par l’objet. Il est perçu comme ludique, convivial, festif » note Stanislas Spilka. Un objet rassurant mais trompeur en dépit de ses bulles d’eau translucides : « les jeunes sont persuadés qu’elles servent à filtrer les éventuelles particules toxiques mais c’est faux. Le barbotage ne filtre pas plus la fumée que le filtre des cigarettes », prévient le professeur Bertrand Dautzenberg.

« En fait, les ados ne savent pas ce qu’ils fument: ils achètent un goût, menthe, fraise, framboise, pomme verte. Ils ne savent même pas qu’il y a dedans 28 % de tabac », poursuit-il.

Dernier grand point noir et non des moindres : le caractère hypertoxique de la chicha : « c’est en fait un triple mélange de fumée que vous inhalez, celle du tabac, celle des charbons qui servent à sa combustion et celle des particules chimiques qui parfument le mélange » détaille encore Bertrand Dautzenberg.

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