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17 Juil 2015 | Observatoire
 

Gaspard KoenigLe sondage de l’institut Viavoice sur le ras-le-bol des Français, face à l’accumulation d’interdits et contraintes de tous bords (voir Lmdt du 8 juillet), a fait ressortir de ses gonds Kaspar Koenig, président du think tank GénérationLibre (voir Lmdt des 21 mars 2015, 2 octobre et 27 septembre 2014). Dans un « Libres Échanges » de L’Opinion, il annonce que les Français sont en train de congédier leur « nounou », cette poignée d’élus et d’experts, « qui, faute de réformer le pays, s’acharnent à faire notre bien malgré nous ».

« Depuis quelques semaines, le Parlement semble en effet déchaîné. Il a déterminé un indice de masse corporelle minimum pour les mannequins, et fait retirer les machines à soda en libre-service (on n’a donc le droit d’être ni trop maigre, ni trop gros). Ségolène Royal nous a déconseillé de manger du Nutella. Le kit mains-libres en voiture a été interdit. Mieux encore, le vapotage, solution pourtant efficace contre le tabagisme, sera banni des lieux de travail afin de – je cite l’exposé des motifs – « maintenir l’acceptation sociale de l’interdiction de fumer dans les lieux publics » ! On légifère non plus même pour protéger, mais pour s’assurer que personne ne retrouve le goût de la liberté, et pour rendre « moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre » (Tocqueville).

« Résultat : 45 % des Français vont jusqu’à considérer que ces interdits sont « tellement importants qu’ils donnent envie de faire ce qu’on ne devrait pas ». Les lecteurs de l’Opinion se rappellent peut-être que l’année dernière, pour protester contre l’hygiénisme de Marisol Touraine, je m’étais mis à fumer (voir Lmdt du 3 juin 2014). Désormais, c’est toute une contre-société de contrebandiers, de chauffards et de binge drinkers qui émerge, en réaction aux délires autoritaires des pouvoirs publics.

« Les libertés individuelles, problème de riches ? Bien au contraire. La décomposition du sondage Viavoice montre que ces mesures sont considérées comme gênantes par 46 % des cadres et professions intellectuelles, contre 61 % des ouvriers. Pour paraphraser Pompidou, la France d’en bas voudrait que la France d’en haut arrête de l’emmerder.

« Il est heureux que les Français se rebellent. Pour autant, le sondage montre qu’ils ne rejettent pas la prévention. Que l’Etat cesse de contraindre et de réprimer pour se concentrer sur son véritable rôle : informer, éduquer, voire inciter, comme le propose la récente théorie du nudge (façon d’inciter en douceur les gens à changer leur comportement).

« Donner aux citoyens les moyens de leur autonomie, plutôt que de se substituer à leurs choix ».