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27 Oct 2024 | Profession
 

Le fondateur de Betclic, l’un des principaux sites de paris sportifs en ligne, s’est dit « favorable » à l’autorisation des casinos en ligne envisagée par le Gouvernement dans le projet de budget 2025, jugeant que cela réduirait la cybercriminalité (voir 22 octobre).

C’est ainsi que débute une dépêche AFP que nous reprenons.

« Cest un enjeu majeur dintérêt général. La situation actuelle est catastrophique », déclare Nicolas Beraud qui est également président de lAssociation française des Jeux en Ligne, (voir 15 février) dans un entretien à La Tribune Dimanche.

•• « Une étude de lAutorité nationale des Jeux montre que quatre  millions de Français fréquentent des sites illégaux, contre un  million en 2019. Ces joueurs ne sont pas protégés: personne ne contrôle leur âge ni leur identité, aucune limite nest fixée, ni aucune interdiction. Largent part dans des paradis fiscaux, cela encourage la cybercriminalité », dit-il.

Il estime que la légalisation des casinos en ligne fera disparaitre les plateformes illégales, comme cela a été le cas, dit-il, « au Portugal, en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas … ». Les résultats en Allemagne sont moins probants car « la réglementation y reste trop restrictive », avec « des temps dattente longs » et « une offre limitée ».

•• Interrogé sur le risque de créer des addictions aux jeux en ligne, Nicolas Beraud rétorque que « personne ne se préoccupe de ces quatre millions de joueurs qui fréquentent les sites illégaux de casinos en ligne ».

« En les ramenant dans un marché régulé, on les protégera par la loi », assure-t-il. « Des mesures supplémentaires de protection sont peut-être envisageables mais il faut bien avoir un cadre légal pour pouvoir agir ».

Quant aux craintes des casinos « physiques » de voir leurs clients les délaisser au profit des casinos en ligne, le fondateur de Betclic pense que « limpact ne sera pas significatif puisque le marché existe déjà, sous une forme illégale ». Et « les clients qui vont dans les casinos réels ne sont pas les mêmes que ceux qui sont devant leur écran. Cest une population plus âgée. Lexpérience est très différente », ajoute-t-il.

•• La Fédération Addiction, qui regroupe les acteurs de la prévention et du traitement des addictions, a vertement critiqué cette semaine l’amendement au projet de budget 2025 visant à légaliser les casinos en ligne et a appelé à son retrait. Elle le juge « irresponsable et contraire aux priorités de santé publique ».

En déposant cet amendement le 19 octobre, le Gouvernement a affirmé vouloir « limiter l’impact sur la santé publique des consommateurs de jeux en ligne » et « contrôler cette offre de jeux qui ne cesse de croître » (voir ci-dessous).