Il y a quelques mois, il était encore sur les bancs du lycée. Depuis ce 20 février, Ezio Comte accueille ses premiers clients au Tabac des Forges, à Châtenois-les-Forges (Territoire de Belfort). Un pari audacieux pour ce jeune homme de 18 ans, qui s’impose déjà comme un nouveau visage de la commune.
Nous reprenons un reportage de France Info.
Devant la devanture, une pancarte annonce la couleur : réouverture, changement de propriétaire. À l’intérieur, Ezio Comte s’affaire derrière son comptoir, sourire aux lèvres. En quelques semaines, sa vie a basculé. Il y a encore peu, ce titulaire d’un bac littéraire cherchait sa voie.
C’est en tombant sur une annonce pour la reprise d’un bureau de tabac qu’il a tout décidé. « Je me suis dit allez, on va voir ce que ça donne. J’ai été le visiter, ça m’a plu, alors je me suis lancé. »
(Précisons qu’Enzo est fils de commerçants).
Le paradoxe fait sourire. Ezio ne fume pas, ne joue pas, ne lit pas la presse.
Il reconnaît lui-même n’avoir presque jamais fréquenté ce type de commerce avant d’en devenir propriétaire. Mais derrière cette anecdote, il y a une vraie conviction : celle d’entreprendre. La fibre entrepreneuriale, il l’a dans le sang, ses deux parents étant eux-mêmes commerçants. « Mon rêve, c’était d’entreprendre. J’ai toujours voulu faire de l’entrepreneuriat, pas forcément du bureau de tabac. Et puis au final, on est tombé dedans. »
Un commerce, un lien social
Ce qui motive Ezio, au-delà du projet commercial, c’est le contact humain. Les habitués qui viennent chercher leur journal chaque matin, les anciens du village, les échanges du quotidien… « J’essaie de leur donner le sourire. Si c’est les seules personnes qu’ils voient, ça peut leur faire du bien, même si c’est que 30 secondes. »
Les clients, eux, ont rapidement adopté leur jeune patron. Et ils mesurent ce que représente cette reprise pour la commune. « C’est rassurant pour le village, confie l’un d’eux. On sait tous que les commerces de cœur de village, ça meurt. Là, on a de l’espoir. »
La tête pleine de projets
Pour faire vivre son commerce, Ezio Comte compte diversifier l’offre : CBD, alcool, jouets, snacks… et pourquoi pas une sandwicherie ?
Le Tabac des Forges ouvrira sept jours sur sept, dimanche matin compris. Quant à l’avenir, il l’envisage avec sérénité et humour : « Minimum trois ans, maximum jusqu’à ce que je meure. Pourquoi pas me voir ici dans 60 ans ? »




