Les fabricants de cigarettes électroniques se sont retrouvés, mercredi 18 juin, sur le banc des accusés du Sénat américain, attaqués pour des pratiques de marketing attractives pour les jeunes.
Le sénateur démocrate John Rockefeller, qui présidait une audition consacrée au « marketing agressif » de l’e-cigarette et à ses conséquences éventuelles sur les jeunes s’est inquiété que « la plupart des fabricants de cigarettes électroniques répètent qu’ils ne s’adressent qu’aux adultes, mais qu’un large public de jeunes semble recevoir leur message cinq sur cinq ».
Les pédiatres « s’inquiètent du fait qu’elles peuvent conduire un adolescent à être dépendant toute sa vie à la nicotine » ou l’amener au vrai tabac, a indiqué, devant la commission, Susanne Tanski, au nom de l’Académie américaine des Pédiatres. Des chiffres montrent que son utilisation a doublé entre 2011 et 2012 chez les lycéens américains et, selon le journal Pediatrics, la possibilité pour les jeunes de voir des publicités à la télévision pour l’e-cigarette a augmenté de 256% au cours des deux dernières années.
Les saveurs proposées par les fabricants s’appellent « barbe à papa », « rêves de vanille », « délice au chocolat », etc. : « Comment pouvez-vous être assis devant nous ou dire que vous ne faites pas de la publicité pour les enfants? », a accusé la sénatrice démocrate de Californie Barbara Boxer.
Pour Susanne Tanski, leur marketing ressemble à celui utilisé autrefois par l’industrie du tabac : images de célébrités, modèles glamour, parrainages d’événement … « ce serait une « tragédie » de ne pas règlementer cet usage pour protéger les enfants ».
La dépêche rappelle qu’en avril dernier il dernier, la Food Drug Administration (FDA) a proposé une règlementation avec notamment une interdiction de vente aux mineurs (voir Lemondedutabac du 24 avril). Ces propositions en sont encore au stade des consultations.




