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9 Oct 2021 | Observatoire
 

Les temps changent …

De nombreux parlementaires américains reprochent à Facebook d’avoir adopté les mêmes techniques que l’industrie du tabac, dans les années 1970, pour populariser ses plateformes auprès des jeunes, tout en dissimulant leurs effets nocifs au grand public.

Facebook rend-il aussi « accro » que la cigarette ? Et doit-il de ce fait être régulé, comme l’industrie du tabac l’a été dans les années 1970 ? La comparaison, mise en avant par des parlementaires américains, commence à s’installer dans le débat, selon Les Échos.

•• Mardi, la lanceuse d’alerte Frances Haugen a même plaidé pour qu’Instagram ne soit accessible qu’à partir de 16 ou 18 ans, contre 13 ans aujourd’hui. « Les adolescents ne peuvent pas s’autoréguler. Comme la cigarette, l’usage des réseaux sociaux atteint un pic vers 13-14 ans. Ils disent qu’ils se sentent mal quand ils vont sur Instagram, mais que c’est plus fort qu’eux », explique-t-elle.

Fin septembre, plusieurs sénateurs avaient eux aussi attaqué Facebook sur ce front. « Instagram, c’est comme cette première cigarette censée rendre les adolescents accros le plus tôt possible », avait lancé le sénateur démocrate Ed Markey (…)

•• Certes, Instagram ou WhatsApp ne provoquent pas de cancer du poumon, poursuit Les Échos. En revanche, leur côté addictif et leur impact sur la santé mentale, notamment des jeunes, sont bien documentés – y compris chez Facebook. Ce point, au cœur des « Facebook Files », est ce qui sous-tend la comparaison de certains parlementaires américains avec l’industrie du « Big Tobacco ».

Selon le Wall Street Journal, Facebook a continué de travailler sur une version d’Instagram pour les moins de 13 ans alors que ses recherches internes avaient souligné les conséquences néfastes de la plateforme, surtout sur les jeunes filles mal à l’aise avec leur corps. Les « Facebook Files » montrent que le groupe craint une très forte chute de sa fréquentation aux États-Unis (potentiellement -45 % d’ici à 2023) si les jeunes délaissent ses plateformes.

•• Depuis quelques jours, Facebook est monté au créneau pour balayer cette comparaison avec le tabac. « Cela n’a absolument rien à voir avec le tabac », avait rétorqué Nick Clegg, le lobbyiste en chef de Facebook, dimanche sur CNN. « On parle d’applications sociales. (…) Si un tiers de la population mondiale (les quelque 3 milliards d’utilisateurs de Facebook, ndlr) utilise ces applications, c’est qu’il y a bien une raison. »

Pour certains, la comparaison avec la « Big Oil » (Exxon, Shell…) serait de fait plus pertinente. Se passer de cigarettes sans utilité est difficile, mais pas impossible … En revanche, communiquer sans passer par Messenger ou WhatsApp est une gageure, comme l’ont encore montré les pannes de cette semaine.