
On connaissait le distributeur de bonbons, de barres de céréales, de boissons, de plats préparés… Aux États-Unis, un nouveau genre de distributeurs a vu le jour dans certains bureaux. Ils renferment des petites boîtes rondes et colorées, contenant des sachets de nicotine, également appelés « pouches ». Ces pochons, à placer entre la gencive et la joue, diffusent de la nicotine dans la muqueuse buccale et ne contiennent pas de tabac. Côté saveurs, il y en a pour tous les goûts : menthe, pomme, expresso, mangue…
C’est ainsi que débute un article de Chloé Marriault dans Les Échos du 14 janvier.
Parmi les entreprises à s’être dotées de distributeurs figure Palantir. Fondée en 2003, la société est spécialisée dans l’analyse de données avec l’aide de l’IA. Sur X, son responsable de l’engagement stratégique a partagé une photo de leur nouvelle installation.
Les salariés (seulement ceux qui ont au moins 21 ans – âge de la majorité aux États-Unis) n’ont qu’à se servir, les produits sont offerts par l’employeur.
Mais quel est l’intérêt de ces pochons ? Sur la page d’accueil de son site Internet, Lucy, l’une des marques qui commercialise ces sachets et qui a installé un distributeur chez Palantir, annonce : « Que vous utilisiez la nicotine pour améliorer votre concentration, booster votre énergie ou vous détendre, il existe un produit Lucy parfait pour vous. »
À lire cette promesse marketing, on pourrait croire que ces sachets permettent de gagner en productivité. Des allégations qui font bondir le médecin tabacologue Bertrand Dautzenberg. « Le seul avantage éventuel de ces sachets serait de soulager un fumeur en manque de nicotine, explique-t-il. Pour ceux qui ne fument pas, en consommer n’a aucun intérêt. Chaque prise augmente leur tolérance à la nicotine, qui est un produit addictif. Ce peut être la porte d’entrée à devenir fumeur. »
Dans les bureaux de Palantir, une autre start-up américaine a pris ses quartiers en installant son distributeur de sachets de nicotine, comme elle l’a fait dans quelques autres entreprises. « Il s’agissait de répondre aux besoins des consommateurs actuels de nicotine, et non d’encourager une nouvelle consommation », assure le fondateur de Sesh+, Max Cunningham, sur LinkedIn. « Je tiens à être clair, nous ne pouvons faire aucune affirmation en matière de productivité », précise-t-il dans le « Wall Street Journal ».
Qui sont ses clients ? « Vous seriez surpris de voir la diversité des personnes qui utilisent ces produits. Nous avons des secouristes, des militaires, des policiers… et des infirmières », indiquait-il en novembre au média Inc.
En septembre, la start-up a bouclé une levée de fonds de 40 millions de dollars. Parmi ceux qui ont mis de l’argent au pot : le rappeur Post Malone, le DJ Diplo, et… 8VC, le fonds d’investissement créé par Joe Lonsdale, qui n’est autre que le cofondateur de Palantir (il n’occupe plus de fonctions au sein de cette entreprise depuis la fin des années 2000).
Et, en France, verra-t-on bientôt des distributeurs de ce type dans des lieux de travail ? Non. À partir d’avril, il sera interdit d’acquérir, de détenir ou d’utiliser ces sachets de nicotine sur le territoire, sauf exceptions (s’ils sont utilisés comme dispositif médical par exemple), indique le ministère de la Santé, contacté par « Les Échos » (voir 23 décembre 2025).
(Voir aussi 22 décembre et 3 août 2025)




