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25 Mai 2017 | International, Trafic
 

Les fabricants implantés sur le marché espagnol ont commencé à prendre des mesures pour freiner la diffusion de tabac en provenance de Gibraltar, une des portes d’approvisionnement du marché parallèle dans la Péninsule (voir Lmdt 30 décembre 2015). 16 % des cigarettes consommées en Espagne viennent de Gibraltar (contre 15,3 % d’Andorre et 63 % des Canaries).

Ainsi, selon un article de eleconomista.es, Altadis est en train d’identifier, par le sigle « GIB », les cartouches destinées spécifiquement à ce marché de Gibraltar, afin de faciliter le travail de la police et d’enrayer ainsi leurs ventes dans les zones limitrophes d’Andalousie. Une approche similaire à celle que développe Landewyck.

•• Philip Morris explique que les paquets vendus à Gibraltar portent des avertissements sanitaires en anglais et incorporent un code de traçabilité, avec un symbole de trois astérisques, montrant de façon apparente que le produit est destiné au marché de Gibraltar.

•• Chez JTI, les avertissements sanitaires sont également en anglais et « tout produit vendu dans le Rocher est marqué d’un code alphanumérique ainsi que d’un autre, en « nuage de points », afin de permettre son identification totale (de la date et lieu de fabrication jusqu’à l’entité qui l’a commercialisé), ce qui permet de faciliter  le suivi du parcours de n’importe quel produit détourné du système légal de vente ».

Et selon un accord signé avec l’Office Anti-Fraude de l’Union européenne (Olaf), JTI annonce un approvisionnement raisonnablement limité du marché de Gibraltar « en fonction du nombre potentiel d’acheteurs résidents, temporaires ou touristes ».

•• Même démarche chez BAT, avec le choix de contrôler le volume d’approvisionnement de ses produits sur le territoire de Gibraltar, en comptant également sur ses propres systèmes de traçabilité.

Le volume livré répond ainsi à un « quota justifié » qui correspond à une évaluation de la demande des consommateurs locaux et des touristes qui achètent dans la limite légale.

•• Il semblerait également que, sous la pression de Bruxelles, les autorités de la colonie britannique aient décidé d’agir. Les boutiques et les bars, commercialisant du tabac, ne peuvent plus vendre qu’une cartouche par jour et par personne (au lieu de 5 auparavant), les horaires d’ouverture sont limités de 8 heures du matin à 20 heures et chaque établissement ne peut avoir en réserve que 50 cartouches.

Avec, à la clé, des sanctions pouvant aller jusqu’à la suspension de la licence de vente.

Accompagnées des actions de la douane, ces dispositions amèneraient de premières améliorations visibles sur ce volet du marché parallèle, selon l’article … Restent les trafiquants en tout genre (voir Lmdt du 1er mars 2017).