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21 Fév 2026 | Trafic
 

Les douaniers français affrontent la double vague du narcotrafic et des petits colis venus d’Asie. Le bilan annuel 2025 de la Douane, dévoilé ce jeudi par la ministre des Comptes publics et future présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, atteste de la montée en puissance impressionnante des deux phénomènes.
C’est ainsi que débute l’article (de Stéphane Loignon) des Echos (le 19 février) sur le bilan des Douanes pour 2025 (voir 19 et 20 février).

En matière de lutte contre le trafic de stupéfiants,

les Douanes ont battu leur record historique de saisies de cocaïne. Plus de 31 tonnes ont été interceptées l’an passé sur le territoire national, en hausse de 49 % par rapport à 2024. Cette année-là avait pourtant déjà été fructueuse pour les Douanes, avec 21 tonnes saisies, contre seulement 12 tonnes en 2023.

Réalisée en mars dernier par les douaniers de Dunkerque, une saisie d’une ampleur inédite – près de 10 tonnes pour une valeur estimée à 660 millions d’euros – a largement contribué à ce record. Certains territoires sont particulièrement exposés au trafic de cocaïne, notamment la zone Antilles-Guyane, la frontière franco-espagnole ou encore le port du Havre, indique le rapport.

Les saisies de drogues de synthèse connaissent également un essor inquiétant, avec 5,79 tonnes saisies l’an passé, en hausse de 88 % par rapport à 2024.
Dans ce total, la kétamine prend une part de plus en plus importante. Les saisies de cet anesthésique, détourné comme drogue, ont plus que quadruplé entre 2024 et 2025, pour dépasser les deux tonnes. Les précurseurs chimiques de drogue, importés d’Asie, connaissent une circulation accrue, indiquent les Douanes, la France jouant le rôle de pays de consommation mais aussi de transit pour les trafiquants.

Les saisies de cannabis,

enfin, se maintiennent à un plateau élevé depuis plusieurs années, à 68 tonnes l’an passé, un chiffre proche de ceux des trois années précédentes. Pour l’ensemble des stupéfiants, les saisies atteignent 109 tonnes, en légère baisse en quantité par rapport à 2024, mais en forte hausse en valeur, pour un total de 2,2 milliards d’euros, soit un milliard de plus qu’en 2024.

En parallèle du narcotrafic, les douaniers ont aussi poursuivi leurs efforts contre le trafic de tabac (548 tonnes saisies, +12 % par rapport à 2024), d’armes (près de 780 000, +29 %) et de lutte contre la contrefaçon, avec plus de 20 millions d’articles retirés du marché pour la troisième année de suite.
Au total, en 2025, près de 535 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis ou proposés à la saisie par l’Onaf, l’Office national antifraude.

Dans le même temps, les douaniers ont dû composer avec un afflux record de petits colis

via l’e-commerce. Plus de 826 millions d’articles, inclus dans des colis de moins de 150 euros, ont été importés en 2025 (deux fois plus qu’en 2023), pour une valeur de 5,6 milliards d’euros environ. Ces articles en plastique, appareils électriques, jeux, articles en cuir et autres bijoux sont venus à 89 % de Chine.
Outre la menace que ce phénomène représente pour le commerce de proximité, cet afflux pose également des problèmes de fraudes à la TVA par certains vendeurs, mais aussi de vente de produits non conformes ou interdits en France.

Cet automne, l’État avait ainsi porté plainte contre la plateforme chinoise Shein en raison de la vente de poupées pédopornographiques sur la place de marché de son site (elles en avaient ensuite été retirées).

Ces flux inédits posent un problème d’échelle aux douaniers, dont les effectifs ont atteint 16 582 agents en 2025 (une cinquantaine de plus qu’en 2024).

« L’explosion des envois de faible valeur, notamment des petits colis, met sous tension notre modèle. Ce défi est considérable », admet Amélie de Montchalin dans le bilan de la Douane.

Pour le relever, le gouvernement a fait voter dans le budget 2026 une taxe « petits colis » de 2 euros, applicable au 1er mars. S’y ajoutera une taxe de 3 euros, appliquée par l’Union européenne à partir du 1er juillet.

Mais là encore, il faudra du monde pour s’assurer du paiement de ces nouvelles obligations, censées faire diminuer la vague des importations chinoises.