Début septembre, plusieurs bureaux de tabac de Dordogne ont remarqué la circulation de faux billets de 50 euros. Les personnes qui souhaitaient payer avec ces billets prétextent s’être fait avoir elles-mêmes. Aucune plainte n’a été déposée. C’est ainsi que débute un sujet de Gabin Grulet (Ici Dordogne) que nous reprenons.
Un billet de 50 euros vieilli, très épais, trop rose, et même plastifié. La responsable du bureau de tabac « L’Embuscade » n’a pas été dupe ce jeudi 4 septembre en fin d’après-midi.
Un homme assez âgé qu’elle présente comme un « marginal » entre alors dans son commerce à Chancelade (Dordogne). Comme elle, d’autres buralistes, notamment à Bergerac, ont signalé ces derniers jours des tentatives d’arnaques avec des faux billets. À chaque fois, des billets de 50 euros.
Le président de la fédération des buralistes du département appelle à la vigilance.
« Ils essayent de jouer sur un manque d’attention à un moment donné de certains commerçants, il faut être en permanence vigilant, car on peut se faire avoir », déclare Stéphan Picaglia. Le risque : une perte de chiffre d’affaires. Même si tous les buralistes concernés ces derniers jours ont remarqué que les billets étaient des faux et déjoué les tentatives d’arnaques.
À Chancelade, il était même mentionné « spécimen réservé au cinéma » sur le billet de 50 euros plastifié. La buraliste a donc évidemment refusé ce paiement en billet pour cinéma, le client est reparti sans ses cigarettes. La gérante dit ne pas savoir si cette personne s’est fait elle-même avoir, comme elle l’a assuré, ou s’il s’agissait bien d’une tentative d’escroquerie. Mais elle lui a proposé de prendre le billet pour le retirer de la circulation, l’homme a refusé.
Du côté de Bergerac, deux bureaux de tabac confirment à ICI Périgord avoir été victimes de ces tentatives d’arnaque. C’est arrivé à un buraliste qui souhaite rester anonyme. Il explique que le phénomène est pourtant assez rare.
En quatre ans et demi, il a eu affaire à environ sept faux billets.
Mais, le même jour, le bureau de tabac « Le Naillac » remarque aussi un billet de 50 euros qui semble trop rouge, mais cette fois pas plastifié. Après avoir eu un doute, la personne à la caisse met le billet dans une machine. Le « bip » confirme qu’il s’agit bien d’un faux billet.
« Toucher, regarder, incliner »
« Bien sûr que ça m’inquiète, on a l’habitude de manipuler l’argent liquide donc on arrive souvent à déjouer ces tentatives mais des collaborateurs peuvent avoir moins d’expérience », confie le président de la fédération, Stéphan Picaglia.
Il souhaite donc mettre en garde les buralistes, mais aussi tous les commerçants : « avoir une attention particulière, toucher le billet, le regarder, l’incliner pour vérifier la texture, la couleur, les pictogrammes, le relief ». C’est la méthode « TRI » : toucher, regarder, incliner.
Le président envisage la possibilité qu’il y ait eu un « arrivage de faux billets » pour expliquer ce phénomène en quelques jours. Les buralistes s’en sont rendu compte et n’ont donc pas déposé plainte. D’après nos informations, la police de Bergerac n’a pas eu vent de ces tentatives d’arnaque.




