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21 Déc 2023 | Trafic
 

Premiers éléments danalyse de Frédéric Pailhé, président de la fédération des buralistes de Haute-Garonne, après le démantèlement d’un atelier clandestin de cigarettes de contrefaçon près de Toulouse (voir 20 décembre). Interview dans La Dépêche du Midi.

La Dépêche du Midi : Quelle a été votre réaction en apprenant le démantèlement de cette usine clandestine de cigarettes de contrefaçon ?

Frédéric Pailhé : Franchement, je ne suis pas étonné. Il doit probablement y avoir des usines à côté de chaque grande ville. La demande de cigarettes de contrebande est tellement importante – et le sera davantage dans le futur – que cest presque évident. 

En installant des usines, les trafiquants ne prennent pas de gros risques contrairement à ceux qui effectuent des « go fast ». Selon le dernier rapport des Douanes, une baisse de 12 % des volumes vendus a été enregistrée chez les buralistes en novembre contre 8 % au mois doctobre. Il y a fort à parier que cette usine alimentait fortement le trafic de cigarettes dans le département. Son implantation explique probablement la baisse des ventes dans les bureaux de tabac.

D. M. : Comment expliquez-vous la prolifération de ces sites de production ?

F. P. : Les trafiquants font venir les machines de Chine ou des pays de lEst. En une semaine, le matériel est rentabilisé. Sans les taxes, un paquet de cigarettes coûte quelques dizaines de centimes seulement à produire. Il suffit quils le revendent entre 7 et 8 euros pour faire un profit énorme. On estime que la contrebande pèse 40 % du nombre de cigarettes vendues. Il pourrait, à lavenir, dépasser les 50 %. Dans ces usines, la production tourne à plein. Des centaines de milliers de paquets sortent chaque mois.

D. M. : Les buralistes sont inquiets ?

F. P. : Certains ont contracté des crédits importants pour ouvrir leur point de vente. Cette concurrence déloyale plombe le moral…