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7 Oct 2015 | Vapotage
 

E-cigarette E-liquideLa publication, il y a une semaine, de l’enquête de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et la répression des fraudes) concluant à la non conformité de 90 % des e-liquides vérifiés (voir Lmdt du 29 septembre) a réveillé les vifs débats sur le vapotage.

•• Tout prompt à enfler la polémique, Bertrand Dautzenberg déclare dans Le Parisien-Aujourd’hui en France du 1er octobre : « comme par hasard, cette étude a été réalisée, en 2014 et voici qu’elle sort maintenant, juste au moment où l’on s’apprête à discuter du paquet neutre à l’Assemblée nationale (…) un coup bas du lobby des cigarretiers (…) cette étude revient à insinuer que l’e-cigarette est potentiellement mortelle, sauf qu’un an de vapotage est moins dangereux qu’un jour de tabac ».

•• Dans le même article, la DGCCRF se défend « de rouler pour les multinationales du tabac » et tempère : « dans nos contrôles, nous n’avons pas trouvé de produits intrinsèquement dangereux pour les vapoteurs. Nous ne disons absolument pas que vapoter est dangereux pour la santé, simplement nous alertons sur un défaut d’information du consommateur ». Taux de nicotine mal indiqué, bouchon à ouverture trop facile, absence de conseil de prudence … : la DGCCRF aurait saisi plus de 1 300 produits et en fait retirer de la vente plus de 56 000.

•• Chez D’LICE – fabricant d’e-liquides à Brive-la-Gaillarde et se présentant comme troisième sur le marché français et européen – , ce n’est pas tant l’enquête en elle-même que la manière de présenter ses résultats qui a fait bondir. « 90 % des produits non conformes, c’est un titre choc, mais qui fait un amalgame entre le contenu, les liquides, et le contenant, les étiquettes, qui, pour quelques millimètres, peuvent ne pas être conformes », décrypte Loïc Casadéi dans Le Populaire du 5 octobre. « Les professionnels de la cigarette électronique travaillent main dans la main avec la DGCCRF. Nous avons même initié une réglementation pour garantir des normes sanitaires et de sécurité aux clients, par rapport notamment aux fabricants de liquides chinois », poursuit Julien Stuck. Soit maladresse, soit parti pris, la DGCCRF a fait, selon lui, « un raccourci coupable » en publiant ainsi son étude. Qui plus est, en plein débat parlementaire sur la classification et la vente de la cigarette électronique. « Le vap’bashing à tous crins, ça suffit ! », insiste Loïc Casadéi.

•• Et, il ne faudrait pas compter sur les autorités sanitaires, prévient Le Monde du 30 septembre : « … prudentes, certains disent frileuses, car elles craignent que l’e-cigarette puisse être une porte d’entrée vers le tabac. La loi de Santé, toujours en discussion au Parlement, va le réglementer. Le sujet est sensible au ministère de la Santé, au point que la Direction générale de la Santé n’a pas pu apporter de réponses à nos questions ».