Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
16 Juin 2021 | Observatoire
 

En amont de la décision prudente de la Cour de Cassation (voir ce jour), Le Figaro a dressé un panorama de la multiplication des boutiques de CBD alors même que l’incertitude juridique plane … Extraits

Selon le Syndicat professionnel du Chanvre (SPC), on compterait en France plus de 500 boutiques de CBD, soit environ quatre fois plus qu’en 2018.

Ce marché très convoité ces dernières années, mais qui souffrait d’un flou juridique quant à sa légalité, a été entraîné par un arrêt de la Cour de Justice de l’Union européenne (voir 19 novembre 2020) qui établit que le CBD n’est « pas un stupéfiant ».  Certains entrepreneurs n’ont pas attendu l’avis de la justice française et ont entamé leur ruée vers l’or.

•• D’autant que la réputation des produits à base de CBD change à mesure qu’ils se banalisent dans les rayons et dans le quotidien de certains Français.

Insomniaques, femmes souffrant d’endométrioses, grands stressés : les commerçants observent une clientèle de plus en plus large pour ces produits connus pour leurs vertus apaisantes et déstressantes. « Il a suffi d’un reportage sur le CBD diffusé au journal de 13 heures de TF1 pour que l’on voie arriver un certain nombre de petits vieux », s’amuse l’associé de la boutique Republik Garden.

•• Les commerces consacrés au CBD se sont également adossés, dans leur croissance, à la pandémie de coronavirus, une période de tensions pour de nombreux Français. Durant le premier confinement déjà, les ventes de CBD ont augmenté de 30 à 40 % en moyenne, selon le Syndicat du Chanvre.

Si les huiles et les fleurs et feuilles restent les best-sellers, on trouve désormais, sur le marché des produits au CBD, des biscuits, des sauces, des huiles d’assaisonnements, des crèmes pour les jambes lourdes, des chewing-gums, des tablettes de chocolat et même des pâtes alimentaires. Toujours selon le syndicat du secteur, les boutiques du CBD voient leur chiffre d’affaires osciller entre 5 000 et 10 000 euros par mois.

•• Malgré l’arrêt de la CJUE, le statut du CBD n’est toujours pas gravé dans le marbre, ce que n’ignore pas la Confédération des buralistes. « Tous les commerces que l’on voit se développer s’affranchissent du principe de précaution » s’agace Philippe Coy.

Ce qui ne signifie pas que les buralistes ne s’intéressent pas au marché du CBD, loin de là. La crainte de se faire dépasser par des boutiques spécialisées donne même aux buralistes un sentiment de déjà-vu. Voilà quelques années – « et car nous n’y croyions pas à l’époque » admet Philippe Coy – ces professionnels étaient passés à côté du phénomène des cigarettes électroniques tandis que les boutiques indépendantes pullulaient.

Sur la question du CBD, la Confédération se fait donc de plus en plus pressante pour demander une clarification de la législation. « Nous n’avons aucune opposition de principe à ces produits » conclut Philippe Coy, « nous sommes là pour faire du business. »