Nouvelle partie de ping-pong politico-médiatique, depuis le début de la semaine, sur la dépénalisation du cannabis (ce qui ne veut pas forcément dire légalisation et encore moins mise en place d’une réglementation).
Lundi soir, Jean-Marie Le Guen (secrétaire d’État des relations avec le Parlement) décide de se rappeler à la mémoire de tous, au moment des vacances parlementaires, en lâchant sur BFM que « la prohibition du cannabis mérite d’être discutée ».
Il s’est fait reprendre de volée par ses collègues Stéphane Le Foll et Najat Vallaud-Belkacem : « il n’y a aucune piste de travail engagée au Gouvernement sur cette question » ; « il n’y a pas de dépénalisation en vue ».
Et l’opposition d’ironiser : « un signal de relâchement » (Alain Juppé) ; « un écran de fumée » (Benoist Apparu) ; « ils ont décidé d’enfumer les gens » (Laurent Wauquiez).
Tout cela, alors que l’on sait que tous les états-majors politiques – tous, sans exceptions – travaillent sur le sujet. Plus ou moins sérieusement. Mais il est probable que le sujet soit en bonne place dans les prochains programmes électoraux.
Tout cela, alors qu’il y a urgence.
Pour s’en convaincre, il suffit de se reporter à un article paru, toujours ce lundi 13 avril, dans la presse quotidienne. Le titre : « Seine-Saint-Denis Connection ». Pas dans Le Parisien, mais Les Échos. Extraits :
« Ne lui parlez pas d’économie souterraine, vous risqueriez de l’agacer. Pour Sébastien Piffeteau, le vice-procureur du tribunal de Bobigny, le trafic de drogue en Seine-Saint-Denis n’a plus rien d’informel, ni de caché, ni de quoi que ce soit de souterrain comme il l’entend trop souvent.
« La drogue est devenue un secteur d’activité à part entière dans le département. Sans l’argent du trafic, certains quartiers ne pourraient pas vivre, explique-t-il (…)
« Dans certaines cités du département le plus pauvre de France, la drogue paie les loyers, les courses au supermarché et les factures d’électricité.
« Et d’estimer à 1 milliard d’euros le chiffre d’affaires de la drogue dans le 9-3. Un chiffre très largement généré par la résine et l’herbe de cannabis.
« Les points de vente les plus dynamiques (aux portes de Paris et près des stations de RER) enregistrent jusqu’ à 700 transactions par jour pour un chiffre d’affaires pouvant atteindre 25 000 euros (…) Le gérant du point dégagerait 10 000 euros de bénéfice net ».




