Une semaine après la manifestation des buralistes frontaliers à Strasbourg (voir Lmdt du 27 mai) et deux semaines après celle de Dancharia (voir Lmdt du 21 mai), le « 13 heures » de TF1 de ce vendredi 2 juin est revenu sur la colère et la détresse des buralistes frontaliers « dont on parle depuis des années ». Reportage au Pays Basque.
•• Un jeune client, interviewé aux abords d’un venta espagnole déclare sans ambages : « je m’en fous que ce soit français ou espagnol. C’est cher et c’est le portefeuille qui compte. On en est venu à ça … ».
Dans le parking, des plaques d’immatriculation 64 et 33. Un retraité sort d’une boutique avec six cartouches. Et le commentaire de préciser que l’arrivée du paquet neutre, ajoutée aux augmentations des prix du tabac, ne fait qu’accentuer le phénomène des achats transfrontaliers.
•• Un buraliste de Biarritz témoigne : « cela fait 30 à 50 % qui n’est pas vendu par le réseau officiel des buralistes, et pas seulement celui des buralistes frontaliers immédiats. Cela peut aller jusqu’à un rayon de 150 kilomètres… ». Le commentaire rappelle la revendication de l’harmonisation des prix en Europe.
•• Hécatombe ? Patrick Raynal (ancien président de la chambre syndicale des buralistes du Pays Basque) ouvre la porte de son établissement de Saint-Jean-de-Luz. Vide … parce qu’il vient de parvenir à le vendre au bout de deux ans. Il a perdu 30 à 50 % par rapport au prix d’achat et c’est une boutique de décoration qui prend le relais.
•• On pourrait rajouter – en dehors de ce reportage de TF1 – que le magasin en question était auparavant celui d’Albert Mourguiart, ancien vice-président de la Confédération des débitants de tabac. Lequel intervenait déjà contre le danger grandissant de la concurrence frontalière, à chaque congrès national. Nous étions dans les années 1990.
Mais, à l’époque, le phénomène concurrentiel ne se faisait ressentir que sur les abords immédiats de la frontière.




