Le patron d’un bar-tabac à deux pas de la gare d’Haumont (7 kilomètres de Maubeuge, Nord) a installé, il y a un mois, un « détecteur d’âge » : un outil pour déterminer si la personne présente devant le comptoir est majeure, ou non via, un voyant rouge. Témoignage dans La Voix du Nord.
« Depuis quelques années, nous sommes de plus en plus contrôlés sur le respect de l’interdiction de vente aux moins de 18 ans de façon aléatoire, avec des visites mystères aussi » explique Olivier Martin qui est aussi président des buralistes de Sambre-Avesnois (voir 21 septembre 2018). « Pour moi et mes salariés, cet appareil est un autre moyen de vérifier l’âge des joueurs, des clients. Et puis, tout le monde ne se balade pas forcément avec sa carte d’identité. »
•• Derrière ce « vérificateur d’âge », la société Bergens. Développé pendant deux ans en Savoie, l’outil « d’aide à la prise de décision » a été imaginé à partir d’un algorithme créé par une société anglaise.
« Une centaine de buralistes en sont aujourd’hui équipés », précise le directeur de Bergens, Stephan Rosseneu. Qui écarte, au passage, le terme de reconnaissance faciale. « Aucune photo n’est prise, les clients ne sont pas non plus filmés. L’appareil analyse simplement les traits du visage pour faire des calculs, en respectant bien sûr l’anonymat. »
•• La petite machine installée à Hautmont n’est toutefois pas infaillible : l’entreprise annonce une marge d’erreur de 1,2 an. Olivier Martin, lui, l’a déjà constaté : « J’ai eu le tour la semaine dernière. L’appareil a affiché une lumière rouge devant un client qui faisait encore tout gamin. Vérification faite, il était bel et bien majeur. » Le port d’une paire de lunettes de soleil, d’un bonnet ou encore une forte luminosité perturbent parfois le boîtier, selon le buraliste.
Qu’importe, le commerçant hautmontois voit là une bonne manière de « sensibiliser » ses quatre salariés à l’interdiction de la vente de jeux et de tabac aux mineurs, en plus de les aider au quotidien. Pendant trois mois, l’année dernière, un logiciel d’analyse semblable avait déjà été testé par la Française des Jeux (FDJ) chez quelques buralistes volontaires. Ce prototype est resté au stade « d’expérimentation », explique l’entreprise (voir 6 avril 2023).




