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5 Avr 2026 | Profession
 

Ils sont parfois le seul commerce dans un village, mais leur modèle est fragile. La flambée des prix du carburant, encore plus marquée dans ces commerces indépendants, et la baisse de fréquentation qui s’ensuit, pourraient leur être fatales. C’est ainsi que débute un article de Ouest-France (du 2 avril) que nous reprenons.

« On est en fin de mois, alors il y a moins de monde », explique Amandine, salariée du Petit café, bar-tabac et station-service à Saint-Vincent-des-Landes (44), entre Rennes et Nantes.
Le commerce atypique débite boisson, tabac, jeux et quelques litres de gasoil à 2,35 euros et d’essence à 2,15 euros. « On est toujours un peu plus cher que les grosses stations » situées à une quinzaine de kilomètres, reconnaît Anthony Evin, gérant de la boutique multiservice.

La flambée des prix combinée aux fins de mois difficiles explique la venue au compte-goutte des clients à la pompe. « Notre clientèle est locale, ce sont des habitués qui viennent plutôt en dépannage ».
« J’étais sur la réserve alors je mets 10 euros d’essence », confirme Zoé, habitante de la commune. « Avec la hausse des prix, je me déplace moins, je vais une seule fois faire de plus grosses courses par exemple », détaille la mère d’un enfant de 3 ans.
Puis Yanis demande pour 30 euros du précieux liquide qu’il compte bien économiser. « Je fais du foot mais j’ai arrêté les entraînements car ils sont à 25 minutes de chez moi. J’ai aussi adapté ma conduite : je roule plus doucement, à 85 km/h, c’est plus économique », indique le routier de profession.
« Mais je suis en colère » lâche-t-il.
Dans le café aussi, la colère monte, « on l’absorbe », lance, résigné, un habitué du bar PMU les yeux rivés sur les courses hippiques diffusées à l’écran.
« Je comprends les routiers », répond un autre fidèle du comptoir.

« Les gens râlent car les prix montent mais je n’y peux rien, rappelle Anthony Evin. J’achète le carburant à un fournisseur avec des prix qui ne sont pas les mêmes à 11 heures qu’à 17 heures », se justifie-t-il.
« Nos ventes de carburants ont été divisées par deux depuis le début du conflit », constate de son côté Delphine Le Guen, gérante d’une station-service indépendante à Plouguin (Finistère). « Beaucoup de clients nous reprochent d’être chers, il y a une méconnaissance de notre modèle », regrette-t-elle.
Contrairement aux supermarchés qui en font un produit d’appel, les indépendants ne peuvent pas vendre le carburant à prix coûtant, l’acheter en grande quantité pour réduire le coût, ou encore bloquer les prix comme dans les 1 150 stations rurales de TotalEnergies. Les petits pompistes sont donc plus chers et des automobilistes s’en détournent.

Or leur situation est déjà fragile. Depuis 1980, le nombre de stations-service a été divisé par 4 en France et une majorité des 10 000 commerces restants est aux mains des grandes surfaces, souvent installées près des villes.

Pourtant, ces stations sont indispensables au maillage du territoire. Au Petit café, on vend moins de pétrole, mais les jeux, le tabac, les colis, la papeterie, la presse, le vin blanc… continuent à attirer les clients.