Deux caméras de vérification d’âge assistées par l’intelligence artificielle (IA) ont été déployées depuis quatre semaines chez un buraliste à Gap (Hautes-Alpes). La fédération des buralistes souhaite déployer l’initiative.
C’est le premier dispositif de ce type dans les Alpes du Sud. Il en existe 800 en France (voir 30 janvier, 18 février).
•• « C’est un support plus qu’appréciable » déclare à France 3 Provence-alpes-côte d’azur, Christophe Loccatelli, le buraliste. « On n’est pas à l’abri de faire une erreur. Ça nous évite de jouer en permanence les gendarmes. » Dans son établissement très fréquenté par des jeunes, il craint que lui ou ses équipes ne se trompent sur l’âge de la clientèle, notamment aux heures d’affluence, où l’attention est moindre.
« Le dispositif n’est pas infaillible, et les buralistes restent les seuls responsables s’ils vendent des cigarettes ou des jeux à gratter à des mineurs », précise le constructeur, la société française Bergens. L’accueil des clients est plutôt bon. « Au début, des personnes me disaient …je ne veux pas être enregistré », mais la machine ne prend pas de photo, elle ne stocke pas les données. Mon établissement a 12 caméras, les gens sont filmés dans tous les cas », souligne le buraliste.
•• « Nous allons le dupliquer au niveau départemental et régional, nous avons signé une convention territoriale de sécurité avec les forces de l’ordre », précise Jean-Maurice Bonnardel, président de la fédération des buralistes des Hautes-Alpes.
La Commission nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) a précisé souhaiter analyser la « conformité de ces dispositifs au regard de la réglementation applicable en matière de protection des données personnelles (RGPD et loi Informatique et Libertés)? » L’organisme promet de rendre ses conclusions d’ici à l’été 2025 (voir 21 mars 2025). La société Bergens assure que son logiciel est « conforme aux règles RGPD, (…) et n’est pas connecté à Internet, ne stocke aucune donnée personnelle et garantit la sécurité et la confidentialité des clients ».
Le logiciel coûte 397 euros. « Nous avons une certification « buraliste officiellement bienveillant ». Nous allons aider à l’achat. Ce que l’on souhaite, c’est avoir le monopole de la vente de nicotine. Nous avons déjà le monopole de la vente de tabac. Pour cela, nous devons nous montrer irréprochables » conclut Jean-Maurice Bonnardel.




