À l’occasion de leur assemblée générale, les buralistes de Savoie se sont retrouvés, ce mercredi 4 septembre, autour de Jean-Paul Mengeon (président départemental et administrateur de la Confédération), en présence de Serdar Kaya, vice-président de la Confédération.
Réélu ce même jour pour trois ans dans ses responsabilités départementales, Jean-Paul Mengeon, a répondu aux questions du Dauphiné Libéré.
•• Après une érosion sensible du nombre des débits de tabac, plus volontiers qualifiés de « commerce d’utilité locale », comment évolue la profession ?
Jean-Paul Mengeon : Pendant des années, jusqu’à 500 buralistes ont mis la clé sous la porte. Mais depuis deux ans, le nombre de commerces s’est stabilisé à hauteur de 23 000. Ce qui est encourageant également, c’est que de nouveaux entrepreneurs prennent le relais et on constate un rajeunissement sensible de l’âge moyen des buralistes (ndlr : -5 ans).
En Savoie, l’on recense un bureau de tabac pour 2 300 habitants et 57 % des bureaux de vente installés dans des communes de moins de 3 500 habitants, la profession a enregistré la disparition de 7 commerces en 2023 (sur 185 au total). En parallèle, nous souhaitons souligner le rôle sociétal du réseau et son dynamisme. Côté revenu, la perte en valeur de 15 % des ventes de tabac a eu pour conséquence une diminution moyenne de 2 % en moyenne des rémunérations des buralistes sur le segment tabac.
•• Quelles sont les problématiques majeures auxquelles reste confrontée la profession ?
Jean-Paul Mengeon : Nous estimons la fraude à 40 % des ventes. Ce qui, au-delà de pénaliser les buralistes, représente plus de quatre milliards de recettes fiscales en moins pour les caisses de Bercy.
Ce sont les conséquences du marché parallèle de cigarettes introduites en fraude, d’achats par les consommateurs dans des pays tiers et la fabrication clandestine de contrefaçons sur le territoire national. Ceci à cause d’un prix de vente dissuasif du tabac, résultat d’une pression fiscale augmentant régulièrement. Enfin, même si la situation selon les territoires est différente, les agressions inquiètent toujours autant par leur fréquence et pour leur violence.
•• Que demandez-vous comme mesures ?
Jean-Paul Mengeon : En tout premier que la lutte contre la fraude, quelque qu’en soit l’origine, s’intensifie. Il faut aussi une pause fiscale sur le tabac (82 % du prix d’un paquet sont des taxes) et que soient engagées des discussions pour une harmonisation européenne des prix. Enfin, sachant qu’a ce jour 42 % des personnes n’entrent pas dans nos commerces pour acheter du tabac, nous souhaitons que soient étudiées toutes les autres solutions de transformation.




