Au cinquième salon des buralistes du Grand Ouest « Bural’Expo », près d’un millier de professionnels ont pu découvrir l’un des soixante-dix exposants sur le stand de sa fédération (voir 1er mars) : Philippe Glory, président de la fédération des buralistes de Loire-Atlantique et membre du Conseil d’administration de la Confédération nationale (voir 2 mars). Il évoque avec Ouest France les évolutions de son métier.
« On se transforme comme les stations-service », explique Philippe Glory. Hormis le tabac et la presse, « chacun est maître en son royaume et peut se diversifier comme il l’entend ».
La dernière tendance concerne le snacking, autrement dit la vente de sandwichs triangle et de boissons proposée par des sociétés telles que Sodebo ou Andros qui se sont associées pour s’adresser aux buralistes des Pays de Loire. « C’est un produit supplémentaire qui permet de se restaurer rapidement, on peut même y trouver des petits plats à réchauffer, de la confiture, des jus de fruits ».
« La refonte complète d’un établissement – la Transformation – est aussi à l’ordre du jour chez certains de manière à mieux mettre en valeur tout ce que l’on propose et redorer le blason du buraliste. L’État prenant 30 % du financement jusqu’en 2027. »
La vente des cigarettes, malgré une concurrence très rude – entre la contrefaçon, les importations illégales et celles provenant de vols – reste la partie la plus importante pour le buraliste. Le vapotage suit de près. « J’ai des collègues pour qui c’est même devenu plus intéressant que le tabac ».
Sur un paquet de tabac, le buraliste gagne 8 %, 5 % sur un billet de Loto et 16 % sur la presse. « Si l’on tient compte de ce que touche l’État sur le tabac, les jeux et les amendes, nous sommes en quelque sorte des collecteurs d’impôt », poursuit Philippe Glory.
« On assiste aussi à une diminution régulière des ventes de la presse. Les jeunes, par exemple (en dessous de 35 ans) n’achètent plus la presse locale ou nationale en papier. Ils lisent sur les écrans, en numérique. Certains lecteurs qui vieillissent préfèrent s’abonner au journal papier pour le recevoir chaque matin. La diversité de la presse est le reflet de nos magasins ».
Chez les buralistes, on peut même y trouver du matériel afin de doubler sa clé de maison ou d’antivol. En effet, parmi les exposants du salon, l’un d’eux vendait des machines à refaire les clés afin de palier à la disparition de nombreux cordonniers.
Dans un autre registre, la vente du CBD « connaît un développement permanent. Les règles sont précises, il ne faut pas dépasser un taux de THC » indique Philippe Glory, « les fabricants n’ont pas le droit non plus d’utiliser l’image du cannabis. ».
Aujourd’hui, « nous avons créé le Bob pour Buralistes officiellement Bienveillants pour appuyer notre rôle d’utilité locale et de commerçants responsables, face aux mineurs notamment ».
Et de conclure : « c’est le cumul de tout ce que l’on propose qui nous permet de vivre ».




