Le quotidien Le Télégramme a laissé « carte blanche » à Michel Guiffès, trésorier de la Confédération nationale et président de la fédération des buralistes de Bretagne, dans la page « Débats » de son édition dominicale.
« On a beaucoup parlé, ces derniers temps, des buralistes et de leur mobilisation contre le paquet neutre. On parle beaucoup, en général, des buralistes sous le seul angle du tabac. Il y a, pourtant, un aspect de la profession dont on ne parle jamais : c’est le rôle de lien social qu’elle joue au quotidien, notamment en zone rurale.
Ouverts six voire sept jours sur sept, avec une amplitude horaire large, les points de vente des buralistes sont un point d’animation des quartiers et des villages dans lesquels ils sont installés. Ils sont ce point de passage, devenu rare, où toutes les couches de la société française se mélangent et se parlent encore. Ils permettent à certaines personnes âgées de trouver un peu de chaleur humaine, la seule qui leur reste par moments, lors de leur sortie quotidienne.
Pour se rendre compte de ce rôle de lien social et d’animation, il suffit de se rendre chez des buralistes en zone rurale. Demeurant le seul commerce du village la plupart du temps, ils sont sur tous les fronts : épicerie, dépôt de pain et viennoiseries, confiseries, carterie, piles, timbres postaux. Ils maintiennent un service de proximité dans ces villages, qui se transformeraient en dortoir s’ils n’existaient plus.
On parle beaucoup des buralistes sous l’angle tabac, mais on ne parle jamais de leur attachement aux territoires, à leurs clients qu’ils voient tous les jours. Le contact humain et la proximité font partie de l’essence même de la profession.
Les buralistes veulent continuer à jouer ce rôle de lien social et d’animation. Pour les y aider, il faut leur maintenir une bonne visibilité. C’est-à-dire, ne pas leur imposer de nouvelles mesures contraignantes et stigmatisantes, et leur permettre de proposer de nouveaux services à nos concitoyens ».




