La World Lung Foundation (la Fondation mondiale du poumon) et l’American Cancer Society viennent de publier la quatrième édition, version française, de L’Atlas du tabac, présenté comme « un outil de référence dans la lutte mondiale anti-tabac face aux ingérences des industriels du tabac ». La présentation officielle vient d’avoir lieu à Dakar, au Sénégal.
Selon la World Lung Foundation (WLF), « la consommation de cigarettes a augmenté de 57 % » sur le continent africain en une décennie. L’ONG internationale présente donc l’ouvrage comme « l’illustration des interférences croissantes des fabricants, qui profitent de l’absence ou de l’inefficacité des législations en la matière dans nombre de pays africains ».
La Côte d’Ivoire vient tempérer cette affirmation en interdisant la cigarette dans les lieux publics (voir Lemondedutabac du 12 octobre) et le gouvernement du Sénégal annonce le vote d’une législation d’ici la fin de l’année. De plus, rappelons que l’Afrique compte , d’après les statistiques les plus couramment avancées, 3% des fumeurs à l’échelle mondiale, loin derrière les 24% de l’Europe (pourtant sous pression normative anti-tabac) et les 38% de la Chine.
La dénonciation caricaturale des fabricants de tabac, dans ce type d’opération de communication, occulte totalement la complexité de la situation sanitaire sur le continent africain. A force de polémique, on oublie l’essentiel : la mise en œuvre de vraies politiques de prévention, adaptées aux particularités locales.




