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8 Juil 2015 | Pression normative
 

JMST 2014 Affiche« Trop peu de gouvernements prélèvent des taxes à un niveau suffisamment élevé sur les cigarettes et les produits du tabac », déplorent les auteurs du « Rapport de l’Organisation mondiale de la Santé sur l’épidémie mondiale du tabac 2015 », publié ce mardi 7 juillet. L’OMS (re)lance, à cette occasion, un appel mondial à une hausse des taxes sur les produits du tabac, « l’un des moyens les plus efficaces et les moins coûteux de réduire la consommation de produits qui tuent, tout en générant des revenus substantiels » (voir Lmdt des 16 octobre, 27 et 26 mai 2014). 

Selon l’une des principales conclusions du rapport, financé par Bloomberg Philantropies, la hausse des taxes est la mesure la moins mise en œuvre, en termes de population couverte, et celle pour laquelle on a observé le moins de progrès en termes d’action des gouvernements depuis 2008. Ainsi, sur l’ensemble des pays représentés au sein de l’OMS, « seuls 33 prélèvent des taxes représentant plus de 75 % du prix de vente au détail d’un paquet de cigarettes ». Ces pays ne représentent « que 690 millions de personnes ». Le rapport de l’agence onusienne constate, à l’inverse, que de très nombreux Etats conservent des taux de taxation extrêmement bas, « certains n’ont même instauré aucune taxe spéciale sur les produits du  tabac ».

Et où l’OMS va-t-elle chercher un modèle ? Pour soutenir son appel, l’un des auteurs du rapport, le docteur Bettcher, fournit deux exemples (qui nous laissent perplexes en terme d’efficacité…) : « des données probantes en Chine et en France montrent que la hausse des prix des produits du tabac, associée à l’augmentation des taxes, entraîne une baisse de la prévalence du tabagisme et des effets néfastes associés, tels que les décès par cancer pulmonaire ».

Pour sa part, Margaret Chan, la directrice générale de l’agence onusienne, n’a pas manqué de rediriger les suspicions sur l’industrie du tabac : « j’invite tous les gouvernements à examiner les données factuelles, pas les arguments de l’industrie, et à adopter l’une des meilleures options politiques gagnant-gagnant à la disposition du secteur de la santé ».

La plus factuelle des données : lorsqu’une hausse des taxes et des prix est décidée de façon inconsidérée – sans tenir compte des risques de développement de marché parallèle –  la santé publique n’est jamais gagnante.