Grand dossier en couverture de Marianne de cette semaine : « Menaces sur nos libertés ! Le projet contre nos vies privées. La multiplication des interdits. Big Brother est français ».
Son articulation passe par un papier argumenté de Jean-Claude Jaillette qui s’ouvre de la façon suivante : « pendant que la surveillance s’intensifie, les interdictions prolifèrent au nom des principes de précaution et de sécurité bien souvent sans réflexion approfondie. Et ce sont nos libertés qui trinquent ». Et de citer, entre autres, le projet (non abouti pour le moment) « d’interdiction du tabac aux générations nées après 2011 ».
Nous en avons extrait le passage suivant : « l’essayiste et historien Alain-Gérard Slama estime que tout a commencé avec la révélation du trou de la Sécurité sociale, quand le pays s’est rendu compte que l’environnement pouvait être la cause de certaines maladies, lourdes et donc chères à traiter.
« Au nom de la santé, au nom de celle de ses enfants, la société civile a exigé que la prévention prenne le pas sur le traitement : certes, il faut parfois protéger les gens contre eux-mêmes, dans leurs rapports aux addictions par exemple, à la vitesse ou aux drogues. Mais, il faut bien comprendre que, chaque fois qu’on laisse la place à l’Etat pour établir des normes, notamment en matière de comportement, une part de la liberté disparaît parce qu’on refuse d’en payer le prix.
« Et de citer en exemple l’interdiction du tabac dans les lieux publics qui a sonné comme une défaite des politiques de prévention, l’échec des médecins et des éducateurs : bien sûr, il faut lutter contre les abus du tabac, bien sûr, il faut proscrire le tabac des cours de récréation.
« Mais la lutte doit-elle se payer par la zéro tolérance et son symétrique : la zéro responsabilité ? ».




