Clichés sur clichés. 5 millions de morts par an … Profits arrogants de l’industrie du tabac … Lobbying intense contre la directive Tabac (« 100 lobbyistes du tabac, dotés d’un budget de 5 millions d’euros, s’affairent à Bruxelles pour empêcher le vote de ce texte ») … Investissements suspects en Pologne ou en Grèce … Pauline Delpech a posté sur le site Le Huffington Post, un réquisitoire plus anti-fabricant qu’anti-tabac, plus rageur que ses contributions précédentes, poussant même le paroxysme un peu loin en comparant « les longues, difficiles et nécessaires négociations sur une intervention en Syrie pour mettre fin aux dizaines de milliers de morts » … à l’absence d’échanges au sein de l’ONU sur le tabac ou à propos des fabricants de tabac (sic).
Cette charge sert en fait à soutenir l’initiative (voir Lemondedutabac des 3 et 28 avril) du « groupe de jeunes députés socialistes, élus dans le sillage de François Hollande à la présidence, en train de préparer un nouveau plan anti-tabac très original ».
L’originalité, d’après Pauline Delpech, consistant à « changer de logiciel », à ne plus s’attaquer aux fumeurs, ni aux buralistes, mais seulement aux fabricants de tabac : « des groupes financiers, dont l’objectif est d’obtenir des hausses régulières mais modérées des prix, pour une hausse annuelle de 10% de leur profit ».
Un programme simple à « l’application redoutable » pour la journaliste : faire de la valeur de l’action des fabricants un indice d’efficacité des politiques anti-tabac ; les empêcher de bénéficier des hausses de prix tout comme de l’optimisation fiscale ; créer une taxe environnementale sur les mégots ; jouer sur l’instabilité juridique des fabricants.
Un projet novateur, « promis à un grand avenir qui, une fois adopté en France, sera présenté à l’OMS et repris par chacun des pays ! » conclut la journaliste porteuse de messages.
En l’occurrence, le message n’est pas nouveau.




