Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
22 Mai 2017 | Profession, Trafic
 

« Les buralistes font du bruit ». C’est le leitmotiv des médias ayant couvert la manifestation des buralistes, ce dimanche (voir Lmdt du 21 mai), médias impressionnés par la mobilisation de plus de 200 élus venant de tout l’Hexagone.

•• Reportage d’ambiance (très bruyante) pour France Info (diffusés hier soir et ce matin). Comme ces achats, effectués à Dancharia par certains automobilistes, exposés sur les capots des voitures telle une prise de guerre, avec les commentaires exaspérés de buralistes venus de loin : « nous les cartouches de cigarettes qu’on peut proposer, c’est 63 euros … comment voulez-vous qu’on ne réagisse pas à un tel déséquilibre » … « On vient de la Haute-Loire, on a fait huit heures de route depuis ce matin et avec ce que l’on voit ici, on est vraiment écœuré » … « On est tous des frontaliers. Nous, dans le centre de la France, avec tout ce que ramènent les transporteurs routiers ou les autocaristes. Il faut commencer par réglementer tout cela ».

Un automobiliste venu faire ses achats propose : « Il n’y a que deux solutions. Soit on remonte les prix espagnols au niveau français. Soit on baisse les prix français en les alignant sur ceux de l’Espagne ».

•• « Les clients et nos concitoyens qui vont chercher leurs cartouches en passant par Dancharia, j’ai envie de leur dire que ce n’est pas bien mais on peut comprendre », précise Jean-Luc Renaud (secrétaire général de la Confédération) à France 3 Aquitaine.

« Par contre celui qui ramène, comme on l’a vu aujourd’hui dans certains coffres, 15 à 25 cartouches, ce n’est pas de la consommation personnelle. Et quand on vient tous les week-ends ou plusieurs fois par semaine, c’est pour les revendre et à des gamins dans les lycées. Et là on n’est pas d’accord ».

•• « Aujourd’hui la politique de santé publique n’est pas efficace » soutient Gérard Vidal (président de la Fédération Midi-Pyrénées ainsi que de la commission Marché parallèle et Ventes transfrontalières de la Confédération) à France Bleu Pays Basque, « parce que le consommateur n’arrête pas de fumer en France mais il fait quelques kilomètres dans les pays voisins pour s’approvisionner. Comme ici, avec l’Espagne, où il y a 2 euros d’écart sur le paquet de cigarettes. Comme avec l’Andorre, la plateforme du tourisme fiscal, où les cigarettes sont 50 % moins chères. Cela, on ne peut pas le supporter. Il y a des directives européennes, mais la France a toujours les prix les plus élevés d’Europe. On demande un moratoire sur les prix du tabac en France, en attendant que les pays voisins les remontent. »

•• « L’idée est de sensibiliser les candidats des législatives à ce problème », rappelle Philippe Coy (vice-président de la Confédération et président de la chambre syndicale des buralistes des Pyrénées-Atlantiques / Béarn et Soule) dans l’Éclair de ce jour. « En 2003, le marché parallèle du tabac était estimé à 0,3 %. Il est aujourd’hui à 30 % ! Un paquet sur quatre n’est pas issu du réseau légal. C’est de la fiscalité perdue pour la France et du chiffre d’affaires perdu pour les professionnels ».

•• « Et pourtant, les Français vont dans les hôpitaux et les cliniques près de chez eux » ironise Claudine Mora (présidente de la chambre syndicale des Pyrénées-Atlantiques / Pays Basque) dans Sud-Ouest du 22 mai. « Il y a quelques jours, des contrebandiers ont été arrêtés en Ariège. Ils transportaient des cartouches de cigarettes dans des sacs à dos pour les revendre en France. Cela arrive, malheureusement, régulièrement.

« De nombreux autocaristes viennent chaque jour dans les ventas espagnoles et repartent les soutes pleines. Les passagers, non identifiés, ne sont pas verbalisés quand ils dépassent les limites d’achat. Il faut multiplier les contrôles si nous voulons éviter que nos bureaux de tabac ferment les uns après les autres ».