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14 Oct 2019 | Trafic
 

À Grenoble, les revendeurs de cigarettes de contrebande ont aussi leur place … Place Saint-Bruno, où ils sont plusieurs à déambuler à proximité des étals ou près des bars, un petit sac plastique à la main.

C’est que ce lieu n’accueille pas seulement le marché populaire connu de tous les Grenoblois. Il est aussi le principal point de revente de cigarettes de contrebande de l’agglomération. Enquête du Dauphiné.

Ici, les vendeurs à la sauvette évitent de se promener avec un volume trop important de marchandises, mais leur trafic s’effectue quasiment au vu et au su de tous les habitués de la place.

•• Selon un Officier de Police judiciaire, la vente de cigarettes de contrebande est un phénomène qui, « … incontestablement, a explosé en deux ans, notamment dans le quartier Saint-Bruno ». Un autre explique que la revente de tabac se pratique, à l’occasion, dans les grands points de deal de stupéfiants de l’agglomération.

« Certains anciens délinquants fournissent également les cités » note la même source, « c’est un trafic protéiforme, dont l’ampleur est difficile à appréhender car il est également très présent sur les réseaux sociaux et sur les messageries cryptées instantanées. »

•• Et le paquet de cigarettes de contrebande se monnaie entre cinq et six euros. « La majorité de ces cigarettes provient du Maghreb, et plus spécialement d’Algérie, où elles sont achetées dans le commerce pour deux à trois euros » explique un bon connaisseur du marché parallèle local.

Le 11 septembre dernier, lors d’un contrôle au péage de Chatuzange-le-Goubet (Drôme), sur l’autoroute Valence-Grenoble, les douaniers de la division de Grenoble ont intercepté un Algérien d’un certain âge. Il a déclaré d’emblée deux cartouches de cigarettes achetées en Algérie pour sa consommation personnelle.

En poussant la fouille, les agents de la Brigade de Surveillance intérieure ont finalement découvert – cachées dans la console centrale, dans les passages de roues, dans le compartiment moteur – 85 cartouches. Cigarettes destinées à alimenter le marché clandestin grenoblois.

•• Plus que l’arrestation ponctuelle de vendeurs à la sauvette, les douaniers grenoblois cherchent aujourd’hui à sanctionner le trafic en amont. En interceptant les transports de la marchandise. « Nous contrôlons de plus en plus les flux postaux » note Thibault Schneider, le chef de la division de Grenoble.

Quant aux transports routiers depuis le Maghreb, l’Andorre et le Benelux, ils semblent aussi très utilisés : qu’il s’agisse des trafics de fourmis (opérés par des particuliers qui mettent « du beurre dans les épinards ») ou de groupes locaux plus structurés, travaillant avec des véhicules éclaireurs, un peu à la façon du transport de stupéfiants.

Les flux internationaux contrôlés par les grands groupes criminels albanais et italiens sont, d’après les mêmes sources, plus difficiles à appréhender : quand ces organisations font transiter du tabac de contrebande, elles le font par palettes entières dissimulées dans des conteneurs arrivant par cargo.

Voir aussi Lmdt du 5 octobre.